BRUXELLES

Bruxelles et son «mur» linguistique de 2 kms entre élèves

A Bruxelles, les barrières physiques entre écoles francophones et néerlandophones représentent l’équivalent d’un mur de deux kilomètres de long.

C’est ce que dénonce le Groupe du vendredi, une plateforme de citoyens âgés de 25 à 35 ans désireux d’alimenter le débat d’idées. Trop d’obstacles physiques mais aussi administratifs empêchent les échanges entre les deux systèmes d’enseignement qui coexistent dans la capitale, selon le think tank, qui appelle sa génération à «détruire les murs».

A Bruxelles, «les cours de récréation, les réfectoires et les couloirs de plus de 90 écoles sont séparés physiquement par des barrières ou par des lignes rouges en une partie réservée aux enfants de l’enseignement francophone et une partie réservée aux élèves de l’enseignement néerlandophone», a calculé le Groupe du vendredi, vidéo à l’appui et à découvrir en tête d'article (www.v-g-v.be). Il y a encore 50 ans, ces écoles ne constituaient qu’un seul établissement.

Quelque 30.000 enfants sont ainsi privés d’interactions avec l’autre communauté linguistique. «Bien entendu, nous connaissons et comprenons le contexte historique qui a mené à la ségrégation de certaines écoles, mais nous sommes tout aussi convaincus que de telles pratiques appartiennent définitivement au passé», affirme l’association.

Les jeunes universitaires originaires de tout le pays, dont certains engagés politiquement, plaident pour l’enseignement bilingue à Bruxelles. Pour y parvenir progressivement, ils adressent sept recommandations aux autorités, dont celles de faciliter l’organisation d’événements entre écoles voisines, de récompenser l’échange de professeurs de langue et d’introduire une troisième langue d’enseignement pour «reconnaître que le paysage linguistique de Bruxelles dépasse largement le clivage traditionnel entre francophones et néerlandophones».