FRANCE

France 2 coupe le micro d’un syndicaliste remonté contre Sarkozy

Nicolas Sarkozy revenait sur scène jeudi dans «Des paroles et des actes». Il s’est exprimé sur ses erreurs passées et son projet, 10 mois avant la primaire des Républicains.

Pendant cette émission dont il était l’invité, l’ancien président français avait deux heures et demie pour faire le point dix mois avant la primaire de la droite française.

Nicolas Sarkozy a été soumis aux questions des journalistes David Pujadas, Nathalie Saint-Cricq et François Lenglet, ainsi que de six Français choisis par la rédaction de France 2: un chef d’entreprise déçu du quinquennat de Sarkozy, la mère d’une djihadiste, une institutrice, un autre chef d’entreprise (adhérent du parti de centre droit UDI), et enfin Karl Ghazi, secrétaire du syndicat CGT Commerce.

Le hic, c’est que le temps de parole attribué à chacun de ces six Français invités à débattre n’est pas égal. Tournant pour les cinq premiers autour des 10 minutes (jusque 15 pour la mère d’une jeune partie en Syrie), seules cinq minutes ont été accordées au syndicaliste. Ce que Karl Ghazi n’a pas manqué de relever d’emblée: «C’est un peu court…» D’autant qu’ «il y eut deux chefs d’entreprise qui se sont exprimés sur le poids des charges, il serait bien peut-être aussi d’entendre un peu longuement la parole des salariés…»

Ce premier constat a le mérite de donner le ton de l’échange qui s’ensuivit. Le secrétaire CGT rassure Nicolas Sarkozy: «Je ne suis pas un déçu, je n’ai pas voté pour vous et je ne le ferai jamais…» Sans surprise, le syndicaliste et le politicien reconnaissent qu’ils ne seront d’accord sur rien, ou presque: «Vous êtes un homme engagé, comme moi… Voyez ça comme un compliment,» tente Nicolas Sarkozy pour détendre le débat dès le début.

Faute de temps, David Pujadas tente de raccourcir la conversation, et donne la parole une dernière fois à Nicolas Sarkozy pour qu’il s’exprime sur le travail du dimanche. Mais sa réponse ne plait pas à Karl Ghazi, qui s’impatiente, proteste, et contre les arguments de son interlocuteur, sans y être invité. Ce qui donne lieu à une scène confuse, à laquelle la régie de France 2 répond en coupant purement et simplement le micro du syndicaliste, pour laisser Sarkozy parler librement. Librement, certes, mais sur fond de protestations étouffées, rapidement balayées par un jingle, lançant l’interview de François Lenglet sur l’économie.

«Vous n’avez pas changé, et j’en suis désolé pour la France,» lance Karl Ghazi, sachant que son temps de parole est compté.

L’échange entre Karl Ghazi et Nicolas Sarkozy commence à 1:44:27 dans la vidéo accessible ici. La coupure de micro s’effectue vers 1:56:00, lors du débat sur le travail du dimanche.