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Julian Assange est «arbitrairement détenu» selon l’ONU

Julian Assange est «arbitrairement détenu» selon l’ONU

- AFP

Un comité de l’ONU a annoncé vendredi à Genève qu’il considère illégale la détention du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, qui vit reclus dans l’ambassade équatorienne à Londres pour échapper à un mandat d’arrêt européen, et demande à la Suède et au Royaume-Uni de le libérer et de l’indemniser

La réclusion forcée du fondateur de WikiLeaks Julian Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres est jugée illégale.

Dans sa décision adoptée jeudi et publiée vendredi à Genève, le Groupe de travail sur la détention arbitraire estime que l’Australien «a droit à sa liberté de mouvement et à une compensation». L’un des membres du groupe a toutefois fait part de ses divergences, considérant que Julian Assange n’est pas détenu et que le groupe ne devait pas se pencher sur son cas.

«Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été arbitrairement détenu par la Suède et le Royaume-Uni depuis son arrestation à Londres le 7 décembre 2010», a indiqué le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, dans un communiqué.

«Le groupe de travail sur la détention arbitraire considère que les diverses formes de privation de liberté auxquelles Julian Assange a été soumis constituent une forme de détention arbitraire», a expliqué le Sud-Coréen Seong-Phil Hong, qui dirige actuellement ce panel.

L’avis, qui n’est pas contraignant, porte autant sur la détention du fondateur à la prison de Wandsworth, que son assignation à résidence puis son confinement à l’ambassade d’Equateur. Le groupe cible aussi les conditions de détention à l’isolement subies par Julian Assange au début et le manque de rapidité de la procureure suédoise en charge de l’affaire.

«Le mandat d’arrêt reste en vigueur»

Il demande à la Suède et à la Grande-Bretagne de garantir la sécurité, la liberté de mouvement et les droits de l’Australien. Julian Assange avait affirmé jeudi que si le groupe de travail lui donnait raison, il attendait «la restitution immédiate de (son) passeport et la fin de toute nouvelle tentative de (l)’arrêter». La police britannique a prévenu que M. Assange serait interpellé s’il quittait la représentation équatorienne.

«Le mandat d’arrêt reste en vigueur. S’il quitte l’ambassade, nous ferons tout pour l’arrêter», a indiqué jeudi un porte-parole de la police.

Selon Per Samuelsson, avocat suédois de Julian Assange, les conclusions du groupe de travail de l’ONU signifient que la Suède «viole la convention européenne des droits de l’Homme». La justice suédoise «doit lever le mandat d’arrêt», a-t-il déclaré jeudi.

Depuis juin 2012, Julian Assange vit reclus dans l’ambassade équatorienne à Londres pour échapper à un mandat d’arrêt européen émis par la justice suédoise. Celle-ci cherche à interroger l’Australien qui est accusé par une Suédoise d’un viol qui aurait été commis dans la région de Stockholm en août 2010.

S’il devait être livré à la Suède, il risquerait ensuite d’être extradé vers les Etats-Unis. Dans ce pays, il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks, en 2010, de 500.000 documents classés secret défense sur l’Irak et l’Afghanistan et 250.000 communications diplomatiques.