COMMENTAIRE

Avec Tomou, on n’est pas sur la même longueur d’ondes

Avec Tomou, on n’est pas sur la même longueur d’ondes

EdA

Chaque vendredi, Daniel Jonette commente l'actualité sportive.

Sale temps pour les artistes. Lemmy, Delpech, Galabru, Scola ou encore Bowie. Et Glenn Frey aussi, guitariste-fondateur du groupe Eagles.

Ah, Eagles! Qui n’a pas fredonné, dansé, voire pécho comme disent les d’jeunes, sur l’envoûtante mélodie d’Hotel California, slow parmi les slows et point de départ de tant d’histoires d’amour?

Tiens, d’amour, et de fraternité, parlons-en. En cette année 2016, et puisqu’à toute chose malheur est bon, on ose espérer que tous ces drames qui alimentent les pages et le temps d’antenne des médias jusqu’à l’overdose provoqueront aussi un changement d’attitude dans notre vie de tous les jours. Que cette année, et les suivantes, soient aussi celles du respect, du dialogue et de la tolérance, vertus trop souvent négligées dans une époque tellement influencée par des réseaux sociaux qui n’ont sans doute jamais aussi mal porté leur nom.

Respect, dialogue, tolérance, écrivons-nous. Bon, à lire (notre édition de ce mardi) l’interview de Bertin Tomou, on se dit qu’il y a encore du travail! Le désormais ex-attaquant bertrigeois, écarté par la direction rouge et bleu fin 2015, avait choisi de ne pas réagir alors. «Je veux profiter des fêtes de fin d’année. Je ne veux pas me prendre la tête avec cela. Ce n’est pas un problème, ce n’est pas la fin du monde», avait-il précisé. Les fêtes en question ne l’ont guère apaisé, loin de là. À l’heure de livrer sa version des faits, on attendait un peu plus de grandeur d’âme de la part d’un joueur qui a autant d’années de professionnalisme derrière lui.

À moins que ce soit justement son passage dans le foot pro qui ait influé négativement sur sa capacité à se remettre en question. Parce qu’en la matière, on est loin du compte. Et s’agissant de gratitude aussi puisqu’il n’hésite pas, désormais, à souhaiter le pire à un club qui lui a tout de même tendu une perche lorsqu’il a dû quitter Huy où son rendement était jugé insuffisant.

À lire Bertin Tomou, on a l’impression qu’il a été l’unique sauveur de Bertrix la saison passée, avec ses 17 buts. Et que si son rendement fut moindre durant cette campagne, c’est uniquement à cause d’un mauvais environnement. «Une question d’ondes», comme il le dit. Dix-sept roses sur une campagne, n’est-ce pas le rendement minimal attendu par un club si celui-ci fait l’effort d’offrir à son avant-centre un contrat qui lui permet de vivre uniquement du football alors qu’il n’évolue qu’en Promotion?

Quant aux ondes négatives qu’il évoque, ne les a-t-il pas émises lui-même? En n’admettant pas, par exemple, qu’un amateur comme Denoncin puisse arriver en retard à l’entraînement à cause de son travail. Ou en voulant devenir calife à la place du calife. «Mon rôle devait se résumer à poser les plots et à diriger l’échauffement», peste-t-il. Bien sûr que non. Et ce n’était d’ailleurs pas le cas. Mais, dans tous les stades du monde, de Barcelone à Guangzhou en passant par Fexhe-le-Haut-Clocher, on voit rarement un adjoint balancer des directives sans l’aval du T1. Question de respect de la hiérarchie. «Je peux encore faire les beaux jours de beaucoup de clubs de Promotion», ajoute aussi un Bertin Tomou sûr de lui. À condition d’y dénicher de bonnes ondes sans doute…