Discussion animée sur le Manège de Mons jeudi en commission du Parlement

La ministre de la Culture, Joëlle Milquet (cdH), a réagi jeudi avec retenue face à la polémique financière qui entoure Le Manège de Mons, institution qui bénéficie pourtant d'une dotation annuelle de 5,3 millions d'euros, l'un des plus importants subsides culturels accordés par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le Manège, qui a joué un rôle central dans l'organisation de Mons comme capitale culturelles européenne en 2015, a annoncé le mois dernier le licenciement d'une vingtaine de travailleurs, alors que la presse locale fait état de salaires particulièrement élevés au profit de certains membres de la direction.

L'administrateur général du Manège jusque fin décembre 2015, Mauro Del Borello (PS), serait, lui, parti avec un parachute doré de quelque 400.000 euros.

"Cette situation ne me plaît pas et est la démonstration de la nécessité de la réforme que je viens de déposer", a réagi jeudi la ministre en commission du Parlement, en référence à l'avant-projet de décret sur les arts de la scène qu'elle a déposé il y a deux semaines sur la table du gouvernement.

Devant les députés, Mme Milquet a assuré n'avoir eu que peu à dire dans ce dossier, le chantier de Mons 2015 étant déjà bien avancé lors de son entrée en fonction à l'été 2014.

"Les administrateurs de la Fédération ainsi que le commissaire du gouvernement désignés au sein du conseil d'administration du Manège auraient peut-être pu être plus vigilants", a-t-elle toutefois observé.

Sans écarter que certaines dépenses aient pu être exagérées, Mme Milquet a toutefois défendu la hauteur des salaires des dirigeants de l'institution, appelés à mener à bien une opération d'envergure internationale, a-t-elle rappelé.

Pressée par Barbara Trachte (Ecolo) et les députés montois Georges-Louis Bouchez (MR) et Savine Moucheron (cdH) de faire la lumière sur l'affaire, Mme Milquet a renvoyé le débat de fond à une prochaine réunion du collège de Mons. Celui-ci a en effet prévu d'entendre à huis clos après le congé de carnaval le directeur général du Manège bientôt retraité, Yves Vasseur.

La ministre entend à présent s'atteler à la redéfinition du contrat-programme de l'institution montoise pour 2016.

"Ce sera une opportunité de fixer des ratios de rémunérations pour la direction, pour les artistes, etc", a-t-elle glissé.

Georges-Louis Bouchez, par ailleurs échevin des Finances à Mons, s'est énervé de cette réponse, ne comprenant pas que la ministre ne fasse pas mener un audit externe, comme il le lui demandait.

"Vous refusez de demander des clarifications, alors que c'est la Fédération qui finance à 90% Le Manège! Et vous, vous renvoyez le débat à une réunion à huis clos à la ville de Mons!", a-t-il lancé.

"Il y a deux administrateurs MR au sein du conseil d'administration du Manège! Qu'ont-ils fait pour contrôler la situation?", lui a-t-elle aussitôt renvoyé.

Par la voix de Barbara Trachte, le groupe Ecolo a annoncé jeudi qu'il demanderait à ce que la direction du Manège puisse être entendue d'ici quinze jours en commission du Parlement sur l'affaire, notamment quant à l'octroi du parachute doré de 400.000 euros.

"Je n'arriverais pas à comprendre que des subsides de la Fédération puissent servir à payer des indemnités de dédit à cette hauteur-là!", a-t-elle conclu.