BRUXELLES

Hellhole.brussels: l’insulte de Donald Trump retournée en label de l’art de vivre bruxellois

Hellhole.brussels: l’insulte de Donald Trump retournée en label de l’art de vivre bruxellois

L’identité graphique de Hellhole.brussels est assurée par des scènes infernales de Bruegel: bien vu. Hellhole.brussels

Donald Trump est coutumier des insultes. Il les distribue à chaque sortie télévisée. Mais quand on s’attaque à Bruxelles, il faut s’attendre à voir ses mots transformés par le légendaire second degré des Belges. Comme sur le nouveau site web hellhole.brussels, que retourne l’insulte en image de marque.

Fin janvier, le candidat républicain à la présidence des USA Donald Trump comparait Bruxelles à un « trou à rats ».Une véritable giffle qui n’a plu à personne, en bord de canal comme ailleurs en Belgique. D’autant que le pays n’en a pas vraiment besoin. Aujourd’hui, un site internet rebondit sur l’insulte et la retourne à son avantage pour en faire un véritable label: hellhole.brussels.

Dries Tack, vous lancez la plateforme hellhole.brussels en surfant sur les insultes de Donald Trump. Plutôt que de vous fâcher, vous transformez ce mépris en opportunité?

Le monde entier en parle, ce gars tout seul vient nous titiller sur la notoriété de Bruxelles. Soit on pouvait s’emporter et dire qu’il est con, soit travailler cette sortie en notre faveur. Il faut réagir tous ensemble: c’est dans l’air du temps.

Faire d’une insulte un label: voilà un second degré bien belge... Que vous illustrez avec ces peintures infernales de Bruegel, qui font partie de notre patrimoine.

L’image de l’enfer ne va pas si mal à Bruxelles si on la prend au second degré, c’est vrai. On est un petit pays unique avec une structure unique. On doit donc tenir compte du monde entier pour régair, mais on peut aussi forcer des solutions grâce à notre sens du compromis. Ce n’est pas un hasard si tant de Belges occupent des postes haut placés dans les instances internationales.

Il a fallu réagir rapidement après le buzz lancé par Trump?

Dès le lendemain de sa sortie, j’ai vérifié que hellhole.brussels et hellhole.be étaient libres. C’était le cas alors j’ai sauté sur l’opportunité. Maintenant, il faudra 2 ou 3 semaines pour développer le site et remplacer la simple page déroulante qui l’occupe aujourd’hui.

Concrètement, que pourra-t-on trouver sur le site?

L’idée, c’est de mettre Bruxelles en avant. Le site va devenir un portfolio rassemblant les conseils et coups-de-coeur du monde artistique bruxellois sur sa ville. Via les images sur lesquelles vous cliquerez, vous ferez connaissance avec l’artiste, qui vous guidera dans ses magasins, ses bars, ses restos préférés. Mais aussi plus simplement en promenade dans les coins ou les quartiers qu’il aime ou trouve beau.

Des artistes ont déjà embarqué?

J’ai 25.000 artistes qui me contactent chaque jour: la réaction est énorme! On ne s’y attendait pas. Il y a des sculpteurs de 18 ans comme des figures reconnues de 50 ans qui trouvent que c’est là une bonne façon de répondre.

On pourra aussi y trouver des produits typiquement bruxellois labellisés «hellhole»?

Il n’y aura pas d’étiquette mais le site permettra de promouvoir des créations bruxelloises. On travaille ainsi avec des brasseurs pour produire une bière très sombre, une vraie «hellhole-beer». On veut proposer un chocolat tellement amer qu’il fera mal, mais délicieux quand même. On pense aussi à une cravache de cuir, des bijous, des pins...

Bruxelles a besoin de cette campagne séduction?

D’un côté, Trump n’a pas totalement tort. Je suis Gantois. Je vis à Bruxelles depuis 10 ans, à Forest. Je dois bien avouer qu’il m’a fallu 5 ans pour appréhender la capitale. C’est pas beau tout de suite: il faut trouver son chemin. Mais quand on approfondit, on découvre une ville formidable. J’en suis un grand défenseur parce qu’en Flandre, les gens la trouvent compliquée, trop grosse, sale... Les Flamands ne connaissent pas vraiment Bruxelles. Mais pour moi, elle est magique.