Assises Bruxelles - La partie civile demande à l'accusé de prendre ses responsabilités

Me Delphine Paci, conseil de la partie civile, a plaidé, mardi, devant la cour d'assises de Bruxelles, que l'accusé prenne ses responsabilités pour le bien de ses enfants et qu'il ne diabolise plus la victime. Safet Borovci, un homme âgé de 40 ans de nationalité belge et originaire du Kosovo, est accusé devant la cour d'assises du meurtre de son épouse, Violeta Musliu, commis le 4 juin 2013, à Laeken. Il est en aveu des faits.

L'avocate qui représente les intérêts des deux enfants encore mineurs de l'accusé et de la victime, Me Delphine Paci, s'est adressée directement à l'accusé dans sa plaidoirie.

L'avocate a dénoncé le fait que l'accusé avait pendant longtemps manipulé ses enfants en leur disant que leur mère les avait abandonnés. "Tout cela parce qu'il ne supportait pas, lui, que Violeta Musliu l'ait quitté", a dit l'avocate.

"Fin mai 2013, il a envoyé un message à Violeta Musliu pour lui dire que leur fils cadet était pratiquement mort, suite à sa chute d'un balcon. Il a dramatisé la chose, uniquement pour la faire revenir", a-t-elle dit.

"Si monsieur Borovci ne voit pas ses enfants en prison à l'heure actuelle c'est parce qu'il n'a pas pris ses responsabilités vis-à-vis d'eux quant à l'acte qu'il commis. Il faut qu'il arrête de diaboliser leur mère pour les aider à mieux grandir", a-t-elle conclu.

Safet Borovci avait asséné plusieurs coups de couteau à sa femme, Violeta Musliu, le 4 juin 2013 à Laeken.

Les époux vivaient séparés depuis trois ans et Safet Borovci avait seul la garde de leurs trois fils.

Quelques jours avant les faits, Violeta Musliu était venue chez son mari pour rendre visite à son fils cadet qui était hospitalisé. Elle avait passé quatre jours avec son mari et ses fils, à Bruxelles.

Puis, le 4 juin 2013, vers 1h00 du matin, elle avait cependant voulu repartir en Allemagne, où elle vivait, mais Safet Borovci l'en avait empêchée, s'était disputé avec elle et l'avait ensuite poignardée. La victime était décédée à l'hôpital Brugmann, après que son fils aîné ait averti les secours.

Lors de ses interrogatoires, l'accusé avait expliqué qu'il était toujours amoureux de sa femme et qu'il n'avait pas supporté qu'elle les quitte à nouveau, affirmant avoir "perdu le contrôle".

Safet Borovci s'appelle en réalité Mehmet Ibrahimi. Mais cet homme, originaire du Kosovo, avait obtenu l'asile politique en Belgique en 2003 sous l'identité de Safet Borovci. Après cela, sa femme, avec qui il s'était remarié sous le nom de Safet Borovci, et leurs deux enfants avaient pu le rejoindre en Belgique, en 2004. Safet Borovci et Violeta Musliu avaient trouvé du travail à Bruxelles et ils avaient eu, en 2007, un troisième enfant. Le couple s'était ensuite séparé en 2010.

Safet Borovci était resté en Belgique tandis que Violeta Musliu était partie en Allemagne avec leur fils cadet. Mais, à la suite d'une plainte de l'accusé pour enlèvement d'enfants, celle-ci avait dû lui ramener leur fils à Bruxelles. Safet Borovci avait ensuite élevé seul leurs trois enfants et les époux ne s'étaient revus qu'une seule fois avant les faits.

Le procès se poursuivra jeudi avec le réquisitoire.