Dans les paroisses qu’il a desservies, partout le doyen Poncin laissera l’image d’un homme empli des valeurs d’altruisme, mais aussi de discrétion.

«Nous avions énormément d’atomes crochus, tellement que nous sommes devenus amis…, avoue sans détour André Bouchat, le bourgmestre de Marche. Nous savions l’un et l’autre que les hommes de terrain ne peuvent apparaître aux yeux de la gentry dirigeante comme de grands concepteurs ni penseurs, mais Monsieur le Doyen s’en moquait puisqu’il n’a jamais eu le moindre désir de promotion. À telle enseigne que quand on lui a proposé de devenir Doyen de Marche, il en a été le premier surpris. J’avais énormément d’estime pour lui. D’abord parce qu’il aimait Marche, qui était devenue non seulement sa paroisse, mais sa ville. Depuis des années il me disait qu’il prendrait sa retraite à Marche car il y avait de nombreux amis et il se sentait accueilli par toute la population. Il avait de plus un esprit d’ouverture formidable. Il y a quelque temps, il avait encore visité la mosquée et prêté son église pour une cérémonie protestante. Il a permis d’innombrables concerts à l’église et lors du dernier qui s’est déroulé ce dimanche, comme je savais que ses heures étaient comptées, je ne voyais que lui en filigrane derrière les musiciens russes».

Et le bourgmestre Bouchat d’ajouter: «Il avait également une telle disponibilité et un tel dévouement. Et ces services, il les rendait avec humilité et discrétion, deux qualités qui soulignaient parfaitement son altruisme. C’était sa manière de vivre sa foi. Cet altruisme ne l’empêchait pas d’être un organisateur paroissial de premier plan. Enfin, je dirais que c’était un prêtre joyeux. Oui, le Doyen Roger Poncin était vraiment des nôtres…»

Pour Jean-François Piérard, 1er échevin marchois, le doyen Poncin était devenu un frère: «Tous ceux qui l’ont fréquenté conviendront qu’il s’agissait d’un organisateur hors pair. Personnellement, sa maladie et la manière dont il l’a affronté, m’ont fait découvrir un frère. Il m’a impressionné dans cette épreuve. Dans les prochains mois, les Marchois qui l’aimaient bien, regretteront énormément le pasteur qu’il était devenu. Il laissera un grand vide».

La tristesse est également présente à Hotton, paroisse qu’il a animée de mai 1992 à avril 1997. «C’était un prédicateur de haute tenue, se souvient l’actuel bourgmestre de Hotton, Jacques Chaplier. Il avait l’art d’actualiser les textes bibliques. Je retiendrai également son contact avec les jeunes qui n’hésitaient pas à lui rendre service quand celui-ci en avait besoin. Il s’est également beaucoup investi pour les écoles libres. C’était également quelqu’un de très jovial, de très grande sagesse ayant un regard aiguisé sur le monde et l’Église, sans jamais porter de jugement.»