SPORT

À la découverte du mushing

À la découverte du mushing

- Jacques Duchateau

Jean-Luc Dawans est l’un des rares Belges à participer aux compétitions mondiales de mushing. Une passion qui requiert de l’entraînement et une véritable complicité avec ses chiens.

Parée de son manteau blanc, la campagne hutoise évoque les paysages nordiques. Une plaine silencieuse et immaculée, dont la quiétude ne sera que de courte durée. Ce soir, pour Jean-Luc Dawans et son équipe, l’heure est à l’entraînement. Au programme: plusieurs kilomètres de course, dans des conditions climatiques inhabituelles. Rien qui puisse cependant affecter le moral du musher waremmien et de ses douze compagnons de route. Des huskies de Sibérie, rompus à l’exercice sportif. Épaulé par quelques handlers – soit des «aidants», passionnés de courses de chiens de traîneaux – Jean-Luc Dawans commence par atteler cette joyeuse troupe, visiblement enthousiaste à l’idée de fouler le sol enneigé.

Les aboiements s’intensifient, certains chiens réclament une caresse. La complicité qui lie le maître à ses animaux est évidente. «C’est un sport relationnel. On ne force pas les chiens à tirer, c’est pour nous qu’ils courent, explique le musher. Il faut dire qu’ils s’éclatent, mais c’est avant tout pour nous faire plaisir!» Ici, ni rênes, ni lanières pour diriger le quad, qui fait office de traîneau. «Tout passe par la voix.»

De la passion à la compétition

Après quelques minutes de préparation, l’entraînement peut commencer. S’engage alors une véritable course contre la montre, au sein de laquelle chaque chien possède un rôle déterminé. Le leader en tête de meute est suivi des swing dogs, qui négocient les virages. Les huskies les plus puissants sont quant à eux placés en fin d’attelage, «pour décoller la charge du traîneau», précise le sportif.

S’il s’exerce aujourd’hui en vue des plus grandes compétitions internationales, Jean-Luc a d’abord découvert cette discipline à la télévision. «Petit, j’ai vu une course à la télé et j’ai été ému par ce sport. Puis, on a aussi eu un très grand musher belge, Albert Henrot, qui m’a fait rêver. C’était quelqu’un de la région, il a été champion d’Europe. À partir de là, je me suis dit que ce que je voulais faire dans cette discipline, c’était le haut niveau.» Un objectif pour lequel le musher multiplie les entraînements avec une idée en tête, «devenir champion du monde».

 

Le mushing, mode d’emploi

 

Loin d’être réservé aux pays scandinaves, le mushing se pratique aussi en Belgique. Sur terre plutôt que sur neige. Quelques principes, pour y voir plus clair.

Quel âge? En Belgique, il est possible de pratiquer le mushing dès l’âge de 12 ans. Pour ce faire, il faut simplement demander une licence, délivrée par un club reconnu. Notons enfin que cette discipline ne fixe aucune limite d’âge. «Les meilleurs mushers sont d’ailleurs souvent des sportifs aguerris», souligne Jean-Luc Dawans.

Entraînement. Comme dans la plupart des sports, le but est d’évoluer progressivement. Le débutant commence ainsi par de petites courses sur terre, effectuées à l’aide d’une patinette, à laquelle il s’agit d’atteler un ou deux chiens. Viennent ensuite les parcours réalisés à l’aide de karts adaptés, et les courses de sprint. Sans oublier les compétitions internationales, pour les plus mordus.

Protection animale. Les mushers peuvent-ils entraîner des chiens à des fins sportives? Absolument. Et il s’agit même d’une exception. En Belgique, la traction canine est interdite. «Après la Première Guerre mondiale, les chiens étaient souvent utilisés pour transporter des vivres, mais il y a eu des abus, d’où l’interdiction.» La loi garantit toutefois un régime d’exception pour les mushers.

 

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