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Raheleh Asemani espère concourir sous la bannière belge aux jeux Olympiques de Rio

Raheleh Asemani espère concourir sous la bannière belge aux jeux Olympiques de Rio

Raheleh Asemani a demandé la nationalité belge l’an dernier. Sa démarche est en bonne voie. BELGA

Une chose est sûre: Raheleh Asemani peut aller aux jeux Olympiques de Rio grâce à sa victoire dans le tournoi de qualification olympique d’Istanbul en taekwondo (en -57kg) au début du mois.

Reste à savoir si cette athlète d’origine iranienne concourra sous la bannière du CIO, le Comité International Olympique, ou sous celle de la Belgique, c’est son souhait. Sa demande de naturalisation belge, introduite l’an dernier, est en bonne voie d’être approuvée dans 3 à 4 mois.

Raheleh Asemani, 26 ans, a été intégrée dans le programme mis sur pied par le président du CIO, Thomas Bach, pour offrir aux athlètes réfugiés une chance de pouvoir aller aux jeux Olympiques. Le CIO avait indiqué en décembre avoir identifié des athlètes, réfugiés, dont Raheleh Asemani, qui ont fui leur pays et qui pourraient prétendre à une qualification pour les JO de Rio.

Cette annonce a accéléré le cours des événements pour Raheleh Asemani, affiliée à la ligue flamande de taekwondo. «Après beaucoup de scepticisme jusque là sur ses chances de pouvoir effectivement aller à Rio, le 24 décembre, cela ne s’invente pas, nous avons reçu la nouvelle qu’elle pouvait combattre au tournoi de qualification à Istanbul», a expliqué Laurence Rase, directrice technique de la Ligue flamande de taekwondo, vendredi au siège du COIB. «Non seulement, elle y est allée, mais en outre elle a gagné.»

«C’était un grand soulagement, dans un contexte émotionnel difficile», a confié Raheleh Asemani qui vit depuis 4 ans à Anvers. «Je n’arrivais pas à y croire. Je savais que je pouvais aller à ce tournoi, en principe, car jusqu’au bout il y a eu une petite incertitude pour le visa pour le Turquie. Mais je savais aussi que j’avais des chances de pouvoir me qualifier. Le rêve c’était d’aller aux JO. La deuxième chose maintenant est que je veux pouvoir le faire pour la Belgique. J’y vis depuis 4 ans, c’est devenu mon pays et c’est par lui que j’ai pu réaliser ce rêve. Maintenant, les jeux, c’est encore un niveau au-dessus et tous les athlètes en font leur objectif. C’est très dur, tout le monde se prépare spécifiquement pour cela. Je vais le faire aussi et donner le meilleur de moi-même.»

«De suite, nous avons vu son potentiel»

Employée à BPost, Raheleh Asemani va pouvoir bénéficier d’un congé sans solde pour s’entraîner à temps plein en vue des jeux de Rio au mois d’août. Son objectif? Aller chercher une médaille.

«De suite, nous avons vu son potentiel», poursuit Laurence Rase qui l’a connue depuis 2012. «On a travaillé ensemble, parfois dans des conditions difficiles mentalement, mais avec une équipe de taekwondo belge fantastique, avec l’entraîneur national Karim Dighou. Et les résultats ont commencé à suivre. Elle a commencé à battre des médaillées européennes, des médaillées olympiques. Et à prendre des podiums dans les tournois internationaux, toujours disputés dans l’espace Shengen pour ce qui la concerne. Maintenant, elle a une marge de progression énorme, car à présent, avec son congé sans solde, elle va pouvoir s’entraîner comme une pro pendant 6 mois. Deux fois par jour, avec ce qu’il faut pour la récupération, la diététique, la condition physique.»

«C’est une athlète qui a beaucoup de confiance en elle et qui aborde toutes les compétitions avec cette confiance», décrit Karim Dighou, son entraîneur. «Elle parvient aussi à faire abstraction en compétition de tout ce qu’il peut y avoir autour d’elle. Elle sait donner le maximum quelles que soient les circonstances. C’est pour cela que je suis optimiste.»

Soutenue par le COIB dans le cadre du programme du CIO octroyant des bourses à des athlètes réfugiés et par Sport Vlaanderen, Raheleh Asemani a été intégrée au sein du Team Belgium. Elle est allé en stage à Lanzarote et continuera quoiqu’il arrive à être soutenue. «Nous n’avons pas de réelle ‘deadline’ de la part du CIO quant à sa naturalisation belge», a expliqué Eddy De Smedt, chef de délégation du COIB aux JO de Rio. «Ce qui est sûr c’est qu’elle peut aller aux jeux à Rio.»