TC Bruxelles - "Notre fille a fait une crise délirante à l'OKC" (partie civile)

Un couple qui a fait partie de la communauté bouddhiste Ogyen Kunsang Choling (OKC) a témoigné vendredi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles du traumatisme que leur fille avait vécu au sein de ce groupe religieux. Ces parents font partie des quelque 25 personnes constituées partie civile contre l'OKC et qui sont actuellement auditionnées par le tribunal. Dans ce procès, une dizaine de personnes physiques et morales liées à l'OKC sont prévenues pour escroqueries, extorsions, faux, etc. Le fondateur de l'OKC, Robert S., est également prévenu de viol.

"Nous avons été appelés en 2007 au Portugal, au monastère de l'OKC où notre fille, adolescente, résidait avec d'autres jeunes de l'OKC", a raconté un couple qui a fait partie du mouvement bouddhiste.

"On nous a prévenus qu'elle n'était pas bien du tout", ont dit ces parents. "Elle avait fait une crise délirante. C'était la première fois que je la voyais comme ça. Ensuite, elle a dû être suivie sur un plan psychiatrique ici en Belgique", ont-ils témoigné.

"Nous avons plus tard constaté qu'un médecin avait déjà diagnostiqué des troubles chez notre fille et qu'il en avait averti Robert S. Mais celui-ci nous a laissés dans l'ignorance totale des problèmes de notre fille les années précédant sa crise", ont-ils dit.

"Dans ma relation avec ma fille, il y a maintenant un 'avant' et un 'après' cet épisode. Le côté joyeux a été détruit chez elle", a ajouté la maman.

Depuis l'ouverture de ce procès, plusieurs dizaines d'anciens membres de l'OKC ont rejoint les bancs de la partie civile.

Parmi ces plaignants figurent certaines personnes qui ont grandi au sein de la communauté OKC et qu'on a appelées les "enfants oubliés de l'OKC". Séparés de leurs parents et confiés à des enseignants et des éducateurs de ce groupe confessionnel, ces enfants ont grandi dans des monastères isolés, en France et au Portugal. Ils sont nombreux à venir raconter aujourd'hui au juge qu'ils ont été maltraités et abusés sexuellement dans ces endroits.

Les prévenus, une dizaine de membres et d'ASBL de l'OKC, doivent néanmoins répondre d'autres types de préventions, telles qu'escroquerie mais aussi extorsion, faux, usage de faux, fraude fiscale, blanchiment d'argent, abus de confiance, infraction aux lois sociales, port public de faux nom, prise d'otages, association de malfaiteurs et organisation criminelle.

Robert S., le fondateur de l'OKC en Belgique, considéré comme un gourou, doit aussi répondre de faits de viol sur mineures.

Le procès se poursuivra lundi.