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Wikipédia bloque le ministère français de l’Intérieur pour « foutage de gueule »

Wikipédia bloque le ministère français de l’Intérieur pour « foutage de gueule »

Wikipédia n’a pas apprécié les actes de vandalismes portés à l’encyclopédie en ligne et a donc bloqué l’adresse IP du ministère de l’Intérieur. EPA

Wikipédia a bloqué pour un an l’accès à son site au ministère français de l’Intérieur. Motifs invoqués: «Vandalismes, attitude non-collaborative, […] et foutage de gueule en prime».

Sur l’encyclopédie collaborative en ligne, n’importe qui peut apporter sa pierre à l’édifice... ou au contraire donner un bon coup de pied pour tout faire s’écrouler.

C’est cette dernière attitude qui a valu au ministère français de l’Intérieur de se faire purement et simplement bloquer l’accès au site par Wikipédia, rapporte le Canard Enchaîné dans son édition du mercredi 13 janvier.

L’adresse IP 212.234.218.196 appartenant au serveur du ministère de l’Intérieur a été bloquée le 18 décembre sur Wikipédia, pour une durée d’un an, peut-on lire sur une page de discussion.

Dans l’explication du bannissement par l’un des administrateurs de Wikipédia, on peut lire notamment la raison suivante: «Après lecture de l’historique de cette Pdd, j’en conclus qu’entre vandalismes et attitude non-collaborative (passages en force, pistage des contributions d’autrui et foutage de gueule en prime), cette IP pose plus de problème qu’elle n’apporte de chose positive à Wikipédia. J’ai donc réévalué le blocage à une durée d’un an.»

Pistage et insulte

Tout a commencé par des mauvaises mises en forme d’article, ne respectant pas le cadre fixé par Wikipédia, explique l’administrateur sur le site du Monde. Mais très vite, d’autres attitudes des fonctionnaires du ministère ont été épinglées, comme l’insertion de «sale batar» dans un article, ou encore celle d’une blague graveleuse dans la devise d’une commune. Et d’autres attitudes non-tolérables, comme le pistage d’internaute pour repasser système derrière lui et corriger les articles.

Difficile de savoir exactement qui se cache derrière cette adresse IP appartenant au ministère, mais selon l’un des administrateurs de Wikipédia, «il s’agit sans doute de plusieurs personnes».

Il reste possible aux personnes travaillant au ministère de l’Intérieur avec cette IP de contribuer à l’encyclopédie en créant un nouveau compte, précise l’administrateur de Wikipédia.