BRUXELLES

Le logement public: une loterie? Le quartier Anneessens le croit

Le logement public: une loterie? Le quartier Anneessens le croit

(Illustration) EdA - J. R.

Selon les riverains de la place Anneessens, l’attribution des logements sociaux est une «loterie». Ils ont manifesté ce mardi pour plus de transparence.

À l’initiative du comité de quartier «Change Anneessens» et des associations Buurtwinkel et Convivence, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées, mardi à 15H00, sur la place Anneessens à Bruxelles, pour faire part de leur impression d’un manque de transparence autour des décisions d’attribution des logements publics à la Ville. Les riverains avaient amené un «jackpot» pour symboliser la loterie que l’attribution représente à leurs yeux.

Pour changer ce sentiment, les associations proposent à l’échevin du Logement Mohamed Ouriaghli ainsi qu’à la ministre régionale Céline Fremault d’uniformiser les règles d’attribution des logements communaux dans la Région et de créer une commission d’attribution avec des fonctionnaires communaux et des représentants d’association. La création de cette instance, prévue par l’ancien article 28 bis du Code bruxellois du logement, a été annulée il y a environ un an à la suite d’un recours du CPAS de la Ville qui a fait valoir une entrave à sa compétence d’administration sur ses biens.

«Il y a eu de nombreuses améliorations ces dernières années à Bruxelles-Ville, notamment la possibilité d’introduire un recours en cas de refus d’attribution et la publication de l’ensemble des procédures sur internet», concède Bart Van de Ven, coordinateur à la maison de quartier Buurtwinkel. «En Belgique, le temps d’attente pour avoir un logement public est de 3 à 10 ans. Les gens qui sont depuis longtemps sur la liste d’attente et qui voient d’autres personnes passer avant eux ont l’impression que des choses ne se passent pas bien».

Un règlement pour dissiper les risques de délit d’initié

Selon Mohamed Ouriaghli, ces accusations sont sans fondement et basées sur une mauvaise compréhension du système. Environ 70% des logements de la Régie foncière et du CPAS sont construits sur fonds propres et sont dits moyens. C’est la part des logements à caractère social - minoritaire - qui suscite de longues attentes et des frustrations en conséquence.

Pour se prémunir d’une éventuelle suspicion de clientélisme, l’échevin rappelle qu’il a fait adopter, peu après son entrée en fonction en 2007, le premier règlement communal d’attribution des logements de la Régie foncière qui a pour vocation de dissiper tout risque de délit d’initié en instaurant une vacance locative.