SAUTE D'HUMEUR

Quand la voiture va, tout va...Vraiment ?

Quand la voiture va, tout va...Vraiment ?

"Excusez-moi les filles, mais reculez, on voit pas bien la voiture !" B.

Quand démarre le Salon de l'auto (gala d'ouverture ce soir à Brussels expo), oubliés le sommet du climat, les bouchons éreintants et les logiciels truqués. La voiture retrouve tout son aura, comme si rien n'avait vraiment pu lui faire ombrage...

 

Quand le Salon de l'auto revient, on nous balance à la grosse louche les chiffres de vente de autos en Belgique. C'est chaque année le même préchauffage ! Et ouf ! Encore une fois, "tout va bien" ! On en a vendu 500.000 en 2015. Dont 250.000 voitures de société ! Des chiffres "grisants", "rassurants" qui permettent au salon de démarrer "dans un climat d'euphorie". Avant on disait "quand le bâtiment va tout va", mais maintenant, c'est plutôt "quand la voiture se vend, tout va".

Rendez-vous compte : presqu'un Belge sur 20 a acheté (ou reçu de son employeur) une nouvelle "caisse" l'an dernier. Toute l'année, on parle de bouchons, de centres-villes saturés, d'émissions de CO2, de covoiturage, d'alternatives moins polluantes (sans parler des logiciels truqués). Mais lorsqu'approche le Salon de l'auto, oubliées toutes ces futilités ! Complètement zappés le COP 21, la planète qu'il faut sauver et surtout toute forme de culpabilité ! La bagnole redevient cette reine dominante et vorace de la mobilité, cette machine fantasmatique que l'on ira mater au Salon comme un ado pubère, tiraillé entre l'envie de rêver (vitesse, design, effet de standing, nouveaux gadgets, hôtesses présumées pulpeuses garnissant les stands) et celle de faire une bonne affaire (les fameuses "conditions salon").

Comme tous les ans, on dirait qu'il faut soudain "chouchouter" la voiture, l'admirer, la soutenir, s'étourdir de son succès persistant et des rapports de fascination qu'on entretient avec elle. D'ailleurs les médias s'installent au Salon et couvrent l'événement comme si c'était le festival de Cannes, avec défilé de stars blinquantes, vedettes de demain et les groupies qui gravitent autour.

En prime, en échange d'un beau stand et de conditions sympas, les constructeurs fraudeurs genre VW sont déjà pardonnés. Il paraît d'ailleurs que leurs ventes n'ont même pas vraiment fléchi dans notre pays, malgré le scandale. Zéro sanction. C'est tout juste s'il ne faut pas les plaindre d'avoir dû "endurer tout ça". Que la fête commence !

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