«Je suis le deuxième Paul Pogba»

Ndiaye est la nouvelle recrue de Virton EdA

À 22 ans à peine, Moulaye Ndiaye affiche le C.V. d’un vieux baroudeur. S’il avoue des erreurs de parcours, le médian estime avoir mûri désormais.

Obligé de recruter s’il veut encore rêver du top 8, l’Excelsior de Virton a ouvert son mercato en accueillant Moulaye Ndiaye. Là où on attendait plutôt un attaquant ou un joueur de flanc, les Gaumais ont attiré un élément axial. Avec un CV à rallonge alors qu’il affiche seulement 22 ans au compteur, Moulaye Ndiaye veut désormais exploser. Il est temps, d’autant plus que les Verts n’en ont plus guère.
Moulaye Ndiaye, comment avez-vous débarqué en Gaume ?
Je m’entraînais avec le Club de Bruges depuis six mois. J’aurai dû signer là-bas, mais comme ils devaient payer des indemnités de formation importantes vu mon parcours, ils m’ont dit d’aller prendre du temps de jeu ailleurs et qu’ils continueraient de me suivre. Franco Iovino, mon agent, m’a alors parlé de Virton. Et si ça fonctionne ici, alors je pourrai retourner à Bruges. Ce serait super.
Vous arrivez seulement à Virton et vous pensez déjà à repartir ?
Non, non, pour l’instant je suis Virtonais. Mon seul objectif d’évoluer avec ce club et d’accrocher le top 8 en fin de saison, rien d’autre. La suite, on verra plus tard, je ne veux plus me projeter si loin.
Parce qu’à 22 ans, il est temps pour vous d’avoir enfin un peu de stabilité ?
J’ai commis beaucoup d’erreurs dans mes choix de carrière, trop sans doute. J’ai souvent dû faire ceux-ci seul. Je manquais de maturité et j’étais impatient, cela n’a pas aidé. Mais désormais, avec Franco, je peux me concentrer uniquement sur le football. C’est lui qui gère le reste.
Dans des articles vous concernant, on parle d’un joueur talentueux, mais avec de curieux choix de carrière…
C’est assez bien résumer mon parcours jusqu’ici. Je ne suis pas à ma place, mais plus jeune, on m’a tellement répété que j’avais du talent, et que j’allais devenir un grand joueur que j’ai fini par ne plus savoir attendre, à vouloir tout, tout de suite. J’aurai, par exemple, pu rester à Crystal Palace. J’étais capitaine des U21, mais dans ma tête, je voulais jouer en équipe première. Comme ce n’était pas le cas, j’ai préféré partir. À force de vouloir avancer trop vite, j’ai fini par stagner, mais désormais, je suis plus mature, le talent n’a pas disparu, je vais bientôt arriver, vous verrez.
Vous a-t-on prévenu qu’à Virton, vous allez être dirigé par un entraîneur plutôt exigeant ?
Oui, et c’est ce que je recherche. Par le passé, les entraîneurs m’ont trop souvent dit : « Moulaye, prend le ballon et fait ce que tu veux avec. » Mais le football, ce n’est pas ça. La preuve, je suis là aujourd’hui.
À Bruges, vous vous entraîniez avec les pros ?
Parfois, sinon avec les U21.
Avez-vous côtoyé Thomas Meunier, un ancien virtonais ?
Oui, il m’a d’ailleurs dit que Virton était un bon club. Que là-bas, j’aurai sans doute du temps de jeu.
Comme lui, ils sont plusieurs éléments passés par Virton à jouer aujourd’hui en D1, c’est votre rêve ?
En effet, Franco Iovino m’en a parlé. Il me reste à travailler pour y arriver.
Comment vous définiriez-vous comme joueur ?
Ma force, c’est l’infiltration, je suis en quelque sorte un deuxième Paul Pogba. Je joue toujours vers l’avant. Je suis techniquement très à l’aise. J’ai une bonne vision du jeu et deux bons pieds. Et surtout, je n’aime pas perdre.
Vous avez un profil axial, hors l’Excelsior cherchait plutôt des joueurs de flanc. Avez-vous parlé avec l’entraîneur du rôle dans lequel il comptait vous utiliser ?
Non, pas encore. À l’entraînement samedi, nous avons fait une opposition et j’ai joué dans l’axe. Je peux aussi jouer sur le flanc, mais la place que je préfère c’est derrière l’attaquant. C’est là que je suis le meilleur.
Comment se sont passés vos premiers jours en Gaume ?
Vraiment bien, j’ai été bien accueilli par le club et par le groupe, pour l’instant, tout se passe pour le mieux.
Originaire de Paris, vous allez habiter en Gaume ?
Oui, le club m’a déjà trouvé un appartement et Fred (NDLR : Salem) et Grégory Brasseur m’ont fait visiter la ville. Ça change de Paris, c’est très calme, mais de toute façon, nous sommes-là pour jouer au foot, pas pour faire la fête.
Physiquement, où en êtes-vous ?
Le coach m’a dit que ça avait l’air d’aller. Je n’ai pas cessé de m’entraîner. Il y a bien eu une coupure de dix jours avec les fêtes, mais ça devrait vite revenir. Mon dernier match ? J’en ai joué un amical avec Brescia et un autre avec Bruges contre une sélection africaine. Le dernier officiel, c’était celui avec Vila Real, en fin de saison dernière, mais cela ne m’inquiète pas, personnellement, je me sens prêt.
Et au niveau des papiers ?
Le club m’a dit que cela ne devrait pas trop traîner. Apparemment, il n’en manque plus qu’un pour que je sois en ordre.¦