LIÈGE

Sculptures de glace à Liège: si l’hiver n’arrive pas, la facture sera salée

Sculptures de glace à Liège: si l’hiver n’arrive pas, la facture sera salée

Les sculptures se trouvent dans un chapiteau maintenu à -6 °C. ÉdA Hermann

Si les températures très douces réduisent la facture de chauffage des ménages, le festival de sculptures de glace de Liège risque d’en pâtir, avec son réfrigérateur de 8 000 m3 contenant 500 tonnes de glace.

Les pistes de ski, les patinoires, les vendeurs de vin chaud: nombreux sont ceux qui se plaignent des températures exceptionnellement élevées de cette fin d’année. À l’ombre du dôme des Guillemins, le festival de sculptures de glace qui se tient du 14 novembre au 31 janvier pourrait voir sa facture d’électricité méchamment en augmentation.

Ce grand réfrigérateur de 1 400 m2 de superficie et d’un volume de 8 000 m3 abrite quelque 500 tonnes de glace, sculptées cette année selon le thème de Star Wars. Pour les œuvres à proprement parler, la météo ne pose pas vraiment problème. «Techniquement, le chapiteau est hermétique et le système de refroidissement est tout à fait performant», assure Alexander Deman, l’organisateur du festival.

«Le système de réfrigération décentralisée est composé de douze appareils, le chapiteau étant divisé en douze zones.» En fonction de l’affluence et des variations de température, chacune de ces subdivisions sera réfrigérée de manière indépendante.

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Si la température ne baisse pas avant la fin du festival, nous risquons de devoir payer au moins 10 000 euros en plus.

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Par contre, il a beau être isolé, ce grand chapiteau doit être maintenu à une température de -6 °C. «Un thermomètre à 12 ou 13 °C en décembre, ça ne nous convient pas du tout. Si la température ne baisse pas avant la fin du festival, nous risquons de devoir payer au moins 10 000 euros en plus sur notre facture d’électricité», redoute Alexander Deman, qui ne souhaite pas en dire davantage sur la facture globale d’une telle organisation.

À quelque chose, malheur est bon, cependant. Du coup, Alexander Deman se dit plutôt satisfait des chiffres de fréquentation. «Nous avons accueilli environ 50 000 personnes jusqu’à présent. Les gens viennent chez nous pour retrouver l’ambiance de l’hiver. Ils ne viennent pas uniquement pour Star Wars, mais aussi pour mettre un bonnet, des moufles, boire un vin chaud» et ressentir le frisson hivernal.

Il n’empêche que les conditions météorologiques inquiètent. «J’ai des collègues qui doivent construire un hôtel de glace au Canada. Les clients ont réservé… mais il n’y a pas de neige. Cela fait 18 ans que nous réalisons des festivals de sculpture de sable. Je me demande si nous ne devrions pas opter pour le sable plutôt que la glace en hiver, si cela continue», glisse Alexander Deman, avec une pointe d’ironie.

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