FRANCE

Cinq questions avant le deuxième tour des Régionales

Cinq questions avant le deuxième tour des Régionales

Dimanche, les Français voteront pour le second tour des élections régionales. Avec une question centrale: le FN décrochera-t-il des victoires? Et bien d’autres encore.

1. Marine Le Pen remportera-t-elle la région Nord-Picardie?

La présidente du Front National a réalisé dimanche dernier un score historique (plus de 40%). Le candidat socialiste s’étant retiré de la course, Le Pen sera en face à face avec le candidat de droite (Les Républicains) Xavier Bertrand.

Les derniers sondages donnent celui-ci gagnant avec 52%. Probablement parce que consigne a été donnée, à gauche, de voter pour lui afin de faire barrage à l’extrême droite.

2. Marion Le Pen Marechal peut-elle gagner la Provence-Alpes-Côte d’azur?

Même problématique dans le sud que dans le Nord: La nièce de Marine Le Pen a cartonné au premier tour. Mais les sondages la donnent battue face à Christian Estrosi (LR) qui pourra aussi compter sur les voix de la gauche.

3. l’Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, la meilleure chance frontiste?

Ça en a tout l’air. Simplement parce que le candidat du PS Jean-Pierre Masseret a refusé de se retirer comme lui demandait son parti. Le PS pense a l’exclure. Si c’est le cas avant dimanche, Masseret se présentera sans doute sous une autre étiquette. Mais quoi qu’il en soit, les voix qu’il pourrait récolter sont susceptibles de peser très lourd et de priver la droite de barrer la route au FN Florian Philippot.

4. Quelles conséquences pour les partis si le FN remporte plusieurs régions?

Il y a fort à parier que le FN ne mettra pas en application son programme radical dans les régions immédiatement. Simplement parce que les élections présidentielles, c’est dans 2 ans. Et que marine Le Pen ne veut pas griller et galvauder une victoire aux régionales qui lui servira de tremplin. Il ne faut pas effrayer les nombreux électeurs qui se sont, pour la première fois, tourner en masse vers le FN.

En revanche, pour les autres partis, les conséquences seront dévastatrices. Bien sûr Les Républicains et le PS se rejetteront la balle. Les premiers diront que le PS, en se retirant, a jeté l’éponge de la lutte contre l’extrême droite et à favoriser sa percée. Les seconds diront que la droite, en ne se retirant pas là où elle le pouvait a favorisé l’extrême droite pour barrer la route au PS.

En tout état de cause, une stratégie avec vue sur la présidentielle qui amènera les deux partis aux élections de 2018 en quasi-lambeaux. Le PS avec l’image de loser pleutre qui pourrai très bien ne même pas passer le premier tour de la présidentielle comme en 2002, et Les Républicains avec celle de «collabos» racolant sur les terres du FN.

5. Quelles conséquences pour Hollande et Sarkozy?

Le président Hollande est dans une situation désespérée. Sa lutte contre le chômage et pour le redressement économique est un échec. Il passe pour celui qui n’a pas su éviter les attentats dramatiques de Paris. La montée du FN est en partie la conséquence de sa politique faiblarde et du manque de cohésion du gouvernement PS (et du Parti socialiste en général). Si le FN accède réellement au pouvoir dans les régions. Ce sera sans doute le dernier clou de son cercueil présidentiel.

Pour Sarkozy, la situation n’est guère plus brillante. Si le FN accède au pouvoir, ce sera la preuve que son discours très à droite n’a pas su convaincre dans son propre parti. Il sera alors très mal embarqué pour la primaire des présidentielles où il affrontera Alain Juppé.

Certes, s’il bat le FN, il pourra toujours se prévaloir d’avoir été celui qui a barré la route à la clique de Le Pen. Mais là encore, même s’il gagne la primaire, il risque de le payer: la frange la plus à droite de son parti pourrait ne pas lui pardonner d’avoir fait élire ses ouailles… avec les voix du PS. Et dès lors de se jeter dans les bras du FN en 2018.