FRANCE

Elections régionales: le président lorrain n’abdique pas

Elections régionales: le président lorrain n’abdique pas

Jean-Paul Masseret ne veut rien lâcher. Mais autour de lui, les défections se multiplient. AFP

Le mort d’ordre du bureau politique du PS français était très clair: le retrait, pour barrer la route au Front National, partout où les socialistes sont arrivés en troisième position.

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En Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, Jean-Paul Masseret ne l’a pas entendu de cette oreille: le président sortant de la Région lorraine ne se retirera pas. Bien que son score (16,11%) ait été plus mauvais que celui de ses homologues en Nord-Pas de Calais-Picardie, et en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

«S’il maintient sa candidature, il ne pourra le faire sous le label du PS, puisqu’il ne respecte pas le mot d’ordre du parti», nous disait une porte-parole du PS, à Paris. Jean-Paul Masseret n’a pas hésité longtemps: il a déposé sa liste dès hier, alors que le délai pour le dépôt courait jusqu’à ce mardi à 18 heures.

Consultation et défections

Le président sortant de la région lorraine a pris sa décision après avoir «réuni les têtes de liste de circonscriptions et les secrétaires fédéraux des trois régions», nous a expliqué sa porte-parole. Treize votants étaient favorables au maintien de la liste; sept s’y opposaient.

La démarche n’en est pas moins hasardeuse: hier soir, le Premier ministre socialiste, Manuel Valls, a invité les électeurs du PS à voter pour les Républicains dans le Nord-Pas de Calais-Picardie, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et aussi en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

Et sur ses terres, Jean-Paul Masseret ne sera pas suivi par l’ensemble de ses troupes: les fédérations du Bas-Rhin, des Vosges, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, opposées au maintien de la liste, totalisaient 107 candidats. Des défections se sont produites, dès hier, dans son camp.

Jean-Paul Masseret devra donc tenter d’unir toutes les tendances de la gauche. «Comme il avait voulu le faire dès juillet, avec un succès partiel», explique sa porte-parole. Mais qu’importe pour le président lorrain sortant, convaincu que les électeurs socialistes ne se reporteront pas sur les listes de droite. Alors, autant être de la partie.

«Marre de faire barrage»

Le point de vue semble confirmé par un habitant de Strasbourg, qui a longtemps vécu à Bruxelles: « pas mal de gens vont s’abstenir ou voter blanc au deuxième tour. Parce que les gens de gauche en ont marre de faire barrage au FN, sans rien recevoir en retour. Comme cela a été le cas avec Chirac en 2002».

À cela s’ajoute une réforme régionale «proposée par le gouvernement et rejetée par les Alsaciens», qui ne s’y retrouvent pas. Une liste «Non à l’ACAL, Oui à nos Régions» se présentait ce dimanche, et, dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, les deux circonscriptions alsaciennes, elle a récolté plus de 10 et les 12% des voix.

Et puis il y a la tradition démocrate-chrétienne de l’Alsace, «mis à part Strasbourg, qui est de gauche». Les Alsaciens «ne se reconnaissent pas dans Les Républicains. Trop à droite pour eux… ou pas assez».