RÉGION BRUXELLOISE

Des riverains sous très haute tension de Schaerbeek à Woluwe

Elia effectue actuellement des travaux d'enfouissement d'une ligne haute tension entre Schaerbeek, Ganshoren et Woluwe. Celle-ci est enterrée à peine à 4m de profondeur. Et transporte dans des petites rues quelque 150.000 volts. Irritabilité, leucémie, Alzheimer: les riverains craignent les conséquences.

Plusieurs comités de quartiers dénoncent la non-considération de normes santé dans la liaison de deux postes haute tension entre la rue Charles Quint à Schaerbeek et l’UCL à Woluwe-Saint-Lambert. Ces comités de quartiers ont donc envoyé jeudi un courrier aux gestionnaires du réseau belge de transport d’électricité ELIA, aux communes de Schaerbeek et Woluwe-Saint-Lambert, à la ministre bruxelloise de l’Energie Céline Fremault ainsi qu’au ministère fédéral de l’Energie. Une pétition est également en ligne.

Les travaux ont commencé le 28 septembre dernier. Les riverains relèvent déjà à Schaerbeek la proximité de la ligne avec le trottoir dans de nombreuses petites rues et à Woluwe-St-Lambert la faible profondeur d’enfouissement (40 cm) sur l’avenue de Broqueville, où des racines d’arbres ont par ailleurs été coupées. Les riverains évoquent des risques potentiels d’insomnie, d’irritabilité et à plus long terme de leucémie notamment chez les enfants ou d’Alzheimer.

«Une ligne haute tension de cette puissance génère un champ magnétique assez important sur une distance d'environ 10m et perceptible jusqu'à 100m de part et d'autres des câbles. Ce champ peut avoir un impact sur la santé des riverains quand la ligne passe trop près des habitations», dénoncent les riverains. Ces derniers notent dans ce dossier le non-respect des fondamentaux de santé publique». Ils assurent ne pouvoir accepter qu'Elia «fasse passer cette ligne à travers des rues étroites à forte densité de population sans précautions particulières pour baisser le champ magnétique (blindage de Faraday par exemple...)».

Critères techniques pour la mobilité

«Les services de voieries des communes ont donné leur accord uniquement sur base de critères techniques, de facilité des travaux et de moindres coûts», déplore Jean-François Roche, coordinateur du comité Pelletier. «Pour des questions de mobilité, les communes sont les premières à s’opposer à la réalisation des travaux sur des grands axes. Le tracé de la ligne passe par de nombreuses petites rues, ce qui réduit la distance avec les habitations. Étant donné qu’il n’y a pas de législation en matière de santé, personne ne se sent compétent ou responsable».
 


Les riverains demandent à réviser le tracé de la ligne en fonction du principe de précaution sur base des valeurs définies par des comités scientifiques européens et internationaux. Ils précisent que celles-ci sont appliquées en région flamande depuis 2004 ou dans d’autres pays comme les Pays-Bas depuis 2005.

En réponse à une interpellation du bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (FDF), Céline Fremault (cdH) a fait savoir mardi au parlement régional bruxellois qu’elle avait requis une évaluation de la faisabilité d’une adaptation des instruments techniques et réglementaires développés en Flandre. Elle a par ailleurs demandé à la Commission de coordination des chantiers des précisions quant au contrôle et au respect des normes prescrites dans le cadre de l’installation de cette ligne.