CYCLISME

Tour de France : le passage du Tour par Seraing et Huy n’a rien coûté, au contraire…

Tour de France : le passage du Tour par Seraing et Huy n’a rien coûté, au contraire…

Tour de France 2015 à Huy. ÉdA

Accueillir une étape du Tour de France cycliste ne coûte rien à la collectivité, peut même rapporter et contribue grandement à l’image de marque de la ville.

Ce sont les conclusions d’une enquête menée par un professeur de la Haute École Leon Eli Troclet (section marketing) de la Province de Liège suite au passage du Tour 2015 à Seraing et à Huy. Elles ont été présentées jeudi en présence de Jean-Étienne Amaury (président d’Amaury Sport Organisation, société organisatrice du Tour de France) et de Christian Prudhomme, directeur du Tour de France.

L’étude, dirigée par le professeur Éric Laurent, a été menée par 12 étudiants. Bien qu’il soit agent provincial, le professeur Laurent souligne avoir travaillé en toute indépendance. «Si c’est nous qui avons mené cette étude et non un organisme indépendant, c’est avant tout pour des raisons budgétaires», dit-il.

Selon l’étude, les spectateurs présents lors du passage du Tour par Seraing et Huy ont dépensé 1.555.300 euros sur les deux jours, dont 1.308.000 euros à Huy. Les acteurs du Tour, eux, ont déboursé 687.500 euros. La recette totale est donc de 2.242.800 euros. Fiscalisée à 30%, elle a rapporté 672.840 euros aux autorités pour un coût total à charge des pouvoirs publics de 650.000 euros (dont 350.000 euros versés à ASO pour obtenir l’organisation de l’événement).

Le professeur Laurent précise qu’en raison de facteurs externes non maîtrisables, on ne peut pas considérer le solde de 22.840 euros comme un bénéfice. Par contre, selon lui, il faut prendre en compte la satisfaction procurée par cet événement ainsi que ses retombées médiatiques. «77,5% des personnes interrogées savaient que le Tour de France passait par Seraing et Huy et 80% approuvaient l’opération. 13% d’entre eux connaissaient approximativement le coût et 35% pensaient que cela pouvait certainement rapporter quelque chose à la collectivité tandis que 40% espéraient que ce seraient le cas», dit le professeur Laurent, qui estime que la campagne médiatique orchestrée automatiquement par le passage du Tour de France serait tout bonnement impayable s’il fallait la financer.

«Deux mille journalistes de 35 nationalités, 637 médias, une diffusion dans 190 pays dont 60 en direct, trois milliards et demi de téléspectateurs… Nous avons interrogé 44 journalistes: 43 d’entre eux ont déclaré garder un bon souvenir du Pays de Liège. Ils ont apprécié, dans un ordre décroissant: l’organisation, l’accueil, la table, l’hébergement, le patrimoine culturel et architectural et le dynamisme économique», conclut le professeur Éric Laurent.