FOOTBALL - OPINION

Le Standard à Zulte Waregem sans supporters: vraiment inévitable?

Le Standard à Zulte Waregem sans supporters: vraiment inévitable?

Contrairement à la semaine dernière à Sclessin contre Courtrai, les supporters liégeois ne pourront supporter leurs joueurs favoris au stade ce soir. Le Standard est le seul club dans ce cas ce week-end. Belga

Le Standard est la seule équipe de D1 à ne pas pouvoir compter sur ses supporters ce week-end à cause de la menace terroriste qui règne sur notre pays. Les fans liégeois se retrouvent dindon d'une farce... qui ne fait rire personne.

Remettons d'abord les choses dans leur contexte. Le week-end dernier, suite à l'alerte maximale enclenchée à Bruxelles, deux matches de Pro League ont été reportés: Lokeren - Anderlecht samedi et Mouscron - Charleroi dimanche. Non pas qu'une menace particulière pesait sur ces rencontres mais les autorités locales devaient laisser des effectifs policiers pour la capitale et ont préféré "ne pas prendre de risques". C'est aussi pour cette raison que Bruges - Naples s'est joué à huis clos hier. Anderlecht devait en faire autant contre OHL dimanche mais le bourgmestre a fait marche arrière ce vendredi matin. C'est qu'entretemps, le niveau de la menace est descendu de 4 à 3 à Bruxelles.

Pourquoi donc alors ne pas autoriser le déplacement des supporters liégeois ce vendredi soir à Zulte Waregem? Le délai de 24 heures était-il jugé trop court pour finalement leur permettre de venir encourager leurs couleurs? Ce serait difficile à faire avaler. Les quelque 450 personnes concernées par ce voyage à l'autre bout du pays auraient très bien pu s'organiser en étant prévenues hier soir, voire même ce vendredi matin.

Trop court pour mobiliser les forces de l'ordre supplémentaires? C'est sans doute l'explication principale. "Nous ne pouvons pas faire appel à des renforts de la police fédérale", justifiait le bourgmestre de Waregem mardi. "C’est un match à risques. Notre police ne peut s’occuper que de la prévention de la menace niveau 3. Nous ne pouvons pas en plus ordonner à la police de s’occuper du maintien de l’ordre au sein des supporters du Standard."

Certes, les fans rouches sont souvent bouillants et certains ne se sont pas toujours bien distingués. Le club liégeois est d'ailleurs toujours sous le coup d'une sanction suite aux jets de pétards à Charleroi il y a un mois. Mais des sanctions ont été prises en interne contre les groupes d'où pourraient provenir les fauteurs de trouble.

Là, c'est tout un public qui se retrouve pénalisé. Et a fortiori le club, qui par la voix de son entraîneur, faisait déjà part de son étonnement hier: "On comprend que la sécurité soit de mise, mais pas trop pourquoi le Standard est encore traité différemment des autres", affirmait Yannick Ferrera.

On ne versera pas dans la théorie d'un complot contre le matricule 16. Mais on a du mal à comprendre cette décision. Le football est le sport populaire par excellence. On veut bien admettre, hélas, qu'un match de foot en 2015 ne peut avoir lieu sans présence policière. Mais si la menace n'est pas précisément présente sur un match et que des renforts fédéraux sont a priori à nouveau possibles, pourquoi interdire à des gens de prendre place en tribunes? C'est le foot qui est perdant avec ce genre de décisions.