BRUXELLES

Bruxelles, ville morte ? « Possible de faire dire beaucoup de choses à une image »

Bruxelles est-elle devenue une ville morte sous le niveau 4 d'alerte de menace. Certaines photos le laissent penser, d'autres prouvent le contraire. Qui a tort? Qui a raison? Tentative de réponse!

La question fait débat depuis que l’alerte de menace de niveau 4 a été décrétée sur l’ensemble du territoire bruxellois. Sous l’emprise de la terreur des terroristes, Bruxelles est-elle devenue une ville morte? Plusieurs médias, vidéos et photographies à l’appui, ont insisté sur le calme et l’absence de vie dans les rues du centre-ville dimanche et lundi, mais était-ce la vérité?

Dimanche, descendus vérifier sur place dans le cœur historique, nous attestions une ambiance de ... dimanche justement, avec notamment public, sans doute moins nombreux, mais loin de la ville complètement déserte décrite dans certains papiers. Une photo est venue lundi soir relancer le débat sur les réseaux sociaux. «Pour ce qui est de ma photo, le piétonnier n’était pas mort, détaille Éric Danhier entre deux déclenchements. Il faut dire que nous étions à une heure où les gens rentraient chez eux, où les gamins sortaient jouer dehors parce qu’il n’y avait plus rien à la télé. Personnellement, je ne l’ai pas vu morte, mais les conditions étaient, à ce moment-là, idéales. Il ne pleuvait pas, il y avait même du soleil. Les gens étaient de sortie, je pense qu’ils en avaient besoin.»

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Personnellement, je ne l’ai pas vu morte, mais les conditions étaient, à ce moment-là, idéales. Les gens étaient de sortie, je pense qu’ils en avaient besoin.

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Photographe notamment pour la Ville de Bruxelles, Éric Danhier a ainsi proposé un cliché du piétonnier sans militaire et avec pas mal de monde dans la rue, mais où étaient donc tous ces gens sur les photos publiées ces derniers jours? «Je pense que personne n’a raison ou n’a tort dans ce débat, reprend le photographe. Je pense juste que certains ont eu une orientation et un regard différents suite aux commandes des rédactions. Le but d’un photographe de presse est de vendre ses images pour pouvoir vivre de son métier.»

 

© EDanhier PhotographyPiétonnier du centre de Bruxelles le 23/11/2015.

Posté par EDanhier Photography sur lundi 23 novembre 2015

C’est la chaîne Canvas qui a lancé le débat en suivant un photographe qui démontre par ses clichés qu’il est possible de manipuler la réalité avec des images, en fonction de l’angle de prise de vue et du moment de déclenchement, le reportage ci-dessous, même en néerlandais, est en effet criant. «Oui, il est possible de faire dire beaucoup de chose à une image, confirme Éric Danhier, mais on ne peut pas tout lui faire dire non plus. Il a malgré tout un souci de réalité. Ce sont malgré tout des photographes de presse. Mais il est certain qu’il est possible de gérer son angle et sa manière de travailler pour éviter de montrer l’information. Est-ce modifier l’information? (silence) Non, pas nécessairement, l’armée était malgré tout dans des rues pas aussi remplies qu’attendu à cette saison de l’année. Ils ont simplement peut-être oublié certaines images à faire.»


Photos :  Jimmy Kets / Canvas
 
Jimmy Kets in Brussel

Iedere week maakt De afspraak tijd vrij voor een fotograaf. Deze week was dat Jimmy Kets. Hij maakte niet alleen mooie foto's in de Brusselse straten, maar legde ook uit hoe beelden kunnen manipuleren: http://cnv.as/bekijkmeer

Posté par Canvas sur lundi 23 novembre 2015

 

 Habitué de vivre Bruxelles au jour le jour depuis l’œilleton de son appareil photo, Éric Danhier ne s’est malgré tout pas reconnu dans la ville décrite à gauche et à droite. «Je n’avais pas d’image à faire ce week-end, notamment parce que la météo n’était pas idéale, termine-t-il. Malgré tout, je suis régulièrement dans le centre-ville, régulièrement sur le piétonnier ou sur la Grand-Place. Et ce lundi sous niveau 4 était un lundi normal dans le centre-ville. J’ai croisé des gens, des gamins qui jouaient parce qu’ils n’avaient pas cours et des travailleurs qui rentraient chez eux après le boulot ou qui allaient à la salle de sport. Un Bruxelles comme on aimerait le voir plus souvent.»