ESPAGNE

Deux Bruxellois pris pour des terroristes en Espagne: «C’est à cause de nos plaques belges»

Deux Bruxellois pris pour des terroristes en Espagne: «C’est à cause de nos plaques belges»

François et Pierre se souviendront longtemps de leur escapade en Espagne. Facebook

Deux randonneurs bruxellois ont eu la peur de leur vie dans la nuit de dimanche à lundi: «Des policiers espagnols ont pointé leur pistolet sur nous parce qu’ils pensaient qu’on était des terroristes.»

À 33 ans, François est un aventurier dans l’âme. De retour d’un tour du monde de 6 mois, cet habitant d’Auderghem a rapidement repris la route avec son ami Pierre, un quadragénaire résidant à Saint-Gilles. Direction l’Espagne et ses sentiers de grande randonnée.

«Nous avons quitté la Belgique il y a une dizaine de jours, raconte François. Avec Pierre, on s’est rendu en Espagne pour y passer quelques jours dans la nature. Notre point de départ était La Vajol, un petit village près de la frontière française, où on y a passé une nuit et où on a laissé notre voiture.»

Pendant 7 jours, les deux comparses se baladent dans les environs. «On est rentré dimanche, se souvient François. On a un peu galéré d’ailleurs pour retrouver La Vajol: ce n’est pas très fréquenté comme endroit. Avec Pierre, on décide alors de boire un verre, et comme on ne se sentait pas de reprendre la route tout de suite, on a décidé de passer la nuit dans notre voiture.» Une nuit pas très reposante…

«Il était 2h00 du matin quand des policiers sont venus à notre hauteur. Pierre s’est réveillé en premier à cause de la lumière des gyrophares. Quand j’ai ouvert les yeux, j’ai vu qu’ils étaient trois à pointer leur fusil sur nous. Là, on a bien flippé…»

«Une scène surréaliste»

Face aux policiers espagnols, les deux Bruxellois ne comprennent pas tout de suite ce qui est en train de se passer. «Au début, on n’a même pas fait le lien avec les attaques terroristes de Paris: on pensait juste qu’ils voulaient nous dire qu’on n’avait pas le droit de rester dormir là, explique François. Mais quand on les a vus avec leur pistolet en train de nous crier dessus, on a vite compris… Ils pensaient qu’on était des terroristes potentiels. Tout ça parce que notre voiture avait des plaques belges et qu’elle était restée assez longtemps sur place que pour inquiéter les habitants du village.»

«La situation était très tendue, poursuit François. Les policiers semblaient très stressés. Plus que nous-même… Ils nous gueulaient dessus dès qu’on faisait un mouvement. Ils m’ont même forcé à sortir de la voiture en chaussette alors qu’il faisait -2°C dehors. C’était surréaliste comme situation.» Heureusement pour les deux hommes, la tension est redescendue au fil des minutes: «Dès qu’on a pu donner des explications sur notre présence sur place et que les contrôles d’identité ont été effectués, tout est rentré dans l’ordre.»

Aujourd’hui à Barcelone pour poursuivre leur trip, François et Pierre se montrent compréhensifs après cette intervention plutôt «musclée». «Ici, en Espagne, les télévisions n’arrêtent pas de parler de la Belgique et des terroristes. On peut comprendre que les gens soient un peu plus au taquet quand ils croisent une voiture avec des plaques belges. Mais bon, ça fait un peu peur quand même.»