BRUXELLES

Yvan Mayeur: «On ne va pas vivre sous le régime islamiste»

Yvan Mayeur: «On ne va pas vivre sous le régime islamiste»

Yvan Mayeur au micro de la RTBF: « Nous devons prendre des mesures qui permettent de revenir à une situation de normalité tout en continuant la traque. Je ne souhaite pas foncer tête baissée dans un régime qui n’est pas le nôtre». La Première / RTBF

«Si on ferme les écoles, si on interdit la culture, le commerce, si on interdit aux gens d’aller boire un verre...: alors sous quel régime vivons-nous?» Yvan Mayeur n’y va pas par quatre chemins ce matin sur La Première. Sur les ondes de la RTBF, le Bourgmestre de Bruxelles a livré ses sentiments quant à ce qu’il appelle «un couvre-feu» imposé.

Le Bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) s’est montré circonspect ce 24 novembre sur La Première. Tout d’abord, il assure que la vie actuelle dans la capitale, sous lockdown depuis 4 jours, revient à «vivre sous le régime islamiste». Il avoue à demi-mot que les chars sur la Grand-Place sont peut-être excessifs. Et ont déjà un impact «catastrophique» sur l’image de la ville et de «la Belgique entière». Il juge que l’idée de «safe room» dans les écoles, dont il regrette la fermeture, confine à l’ «hystérisation». Voici l’essentiel de l’interview de Bertrand Henne en 10 phrases-choc.

Sur la situation Bruxelles

«On ne va pas vivre sous le régime islamiste»

«On ne va pas vivre sous le régime islamiste. Si on ferme les écoles, si on interdit la culture, si on interdit le commerce, si on interdit aux gens de vivre, de s’amuser, de pouvoir se détendre, aller boire un verre, manger un bout, boire des coups en terrasse... Si on interdit tout ça, sous quel régime vivons-nous? Nous devons maintenant prendre des mesures qui permettent de revenir à une situation de normalité tout en continuant la traque de ces gens. Je ne souhaite pas revenir trop vite à la normale mais je ne souhaite pas non plus foncer tête baissée dans un régime qui n’est pas le nôtre».

Sur le déploiement de blindés

«Je n’ai jamais vu de ma vie un char sur la Grand-Place»

«Je n’ai jamais dit que c’était une mauvaise idée. Je dis qu’il faut utiliser toutes les forces de sécurité possible. Mais il y a peut-être des proportions qui sont à mesurer. Je n’ai jamais vu de ma vie un char sur la Grand-Place. Il y a peut-être des choses qui doivent être ajustées. Je ne suis pas un spécialiste mais j’observe ce qui se passe ailleurs en situation d’urgence. Je n’ai jamais vu nulle part ce qui se passe chez nous».

Sur la fermeture des écoles

«Nous pensions qu’il fallait faire fonctionner les écoles»

«Bon, il y a une analyse de la menace par l’organe compétent qui dit qu’on reste en niveau 4. ça fait 4 jours qu’elle est sérieuse et imminente: bon. Fallait-il fermer les écoles? Nous avions un autre point de vue. Il fallait faire fonctionner les écoles pour que les jeunes ne se dispersent pas dans les centres commerciaux, les piétonniers, les places. On trouvait que l’école était un lieu plus sûr. Mais bon, voilà: il en a été décidé autrement».

Sur la protection des écoles

«Nous nous sommes inspirés de Paris pour des périmètres de protection»

«L’enseignement de la ville de Bruxelles c’est 35.000 élèves et étudiants. C’est 5.200 enseignants. C’est beaucoup de monde. Il faut donc d’abord protéger à l’intérieur des établissements et nous y travaillons depuis une semaine. Et puis nous avons demandé aux forces de police de voir comment protéger les écoles . Nous nous sommes inspirés de Paris: ils ont fonctionné en périmètres de protection. Ce système a été validé par les 6 chefs de corps des zones de police bruxelloises et c’est sur cette base qu’on protégera les écoles: n’iront dans les écoles que ceux qui y sont concernés».

Sur la réouverture des écoles

«On ne peut pas vivre dans ce régime»

«Protéger ces écoles, ce n’est possible qu’avec le soutien du Fédéral: nous avons besoin de 280 policiers. Nous l’avons fait valoir au conseil de sécurité. Il est temps que le pays soutienne sa capitale. Et investisse dans sa jeunesse pour lui permettre de continuer à aller à l’école. Dans ces régimes islamistes fondamentalistes, la première chose à laquelle on s’attaque, c’est à l’intelligence. C’est les écoles qu’on ferme, c’est la culture qu’on ferme. On ne peut pas vivre dans ce régime. Il faut donc très vite rouvrir les écoles».

Sur les «safe rooms» dans les écoles proposées par Milquet

«On ne va pas construire des bunkers dans les écoles»

«On n’y pense pas du tout à Bruxelles. Je ne vais pas commenter les mesures proposées par Madame Milquet. Nous travaillons sérieusement avec les 19 bourgmestres et la Région, avec la police et le conseil de sécurité. Nous sommes habilités à prendre des mesures. Il faut éviter l’hystérisation, il faut rester raisonnable, travailler avec les professionnels, et ne pas improviser des mesures dont on ne peut pas imaginer la première seconde qu’on puisse les appliquer. On ne va pas construire des bunkers dans les écoles: nous n’avons pas le premier cent pour ça»

Sur les «recommandations»

«Ces recommandations sont presque des injonctions»

«On nous donne un certain nombre d’informations qui sont telles qu’il faut prendre des mesures. Nous suivons donc ces recommandations. Qui sont presque des injonctions: sous le vocable “recommandations”, en réalité, on nous a quand même imposé ce week-end un couvre-feu. Mais pour l’instant, il faut faire confiance: les explications viendront plus tard».

Sur Plaisirs d’Hiver

«Il ne suffit pas de dire “C’est dangereux, il vaut mieux ne rien faire”»

«C’est un enjeu fondamental pour le fonctionnement de la ville, le commerce, l’économie. Nous n’avons encore rien décidé. Tout est prêt. j’ai demandé une analyse des risques à la police et la manière dont on pouvait assurer la protection des Plaisirs d’Hiver. Il ne suffit pas de dire “ C’est dangereux, il vaut mieux ne rien faire ”. J’ai aussi demandé une analyse spécifique de la menace à l’Ocam. Mais mon opinion est qu’il ne faut pas interdire».

Sur les hôpitaux

«Nous avons transmis les enseignements de Paris à nos urgentistes»

«Je veux d’abord revenir sur la solidarité avec Paris. Parce que la solidarité est concrète: les hôpitaux de Paris nous ont décrit la situation qui s’est produite à Paris et nous avons pu tirer les enseignements et les transmettre à nos urgentistes, dans les hôpitaux pour adultes et pour enfants».

Sur l’image de Bruxelles

«C’est l’image de la Belgique tout entière qui est écornée»

«Cette image est catastrophique. Mais c’est l’image de la Belgique tout entière qui est écornée. Et donc il faut rapidement montrer de l’efficacité et reprendre une vie normale».