ANGELE OLIVIER (6/8)

Immersion: quand les professionnels laissent leur place aux enfants

Immersion: quand les professionnels laissent leur place aux enfants

L'atelier cuisine commence, ici avec Anaïs et la confection d'une salade de légumes. © Antonio Ponte

Chaque samedi, Toekomst ATELIER de l’Avenir fait découvrir différents métiers à des enfants âgés de 10 à 14 ans. Ces enfants sont issus de quartiers bruxellois socialement vulnérables. Que ce soit à l’école ou sur le lieu de travail, les enfants partent à la découverte d’autres mondes.

Chaque semaine pendant deux mois, un étudiant en journalisme sélectionné pour le concours de la Belgodyssée propose un reportage sur le thème des nouvelles formes de solidarité. Découvrir la candidate de la semaine.
 

A Bruxelles, samedi 14 novembre, des cris d’enfants se font entendre dans le restaurant Chez Henri et Agnès. Aujourd’hui, avec l’ASBL Toekomst ATELIER de l’Avenir (TADA), ils vont découvrir la restauration : de la préparation du plat au service du client. Christelle, la propriétaire des lieux, répond à leurs questions : « Le restaurant s’appelle Henri et Agnès car ce sont les prénoms de mes grands-parents. Ils m’ont donné le goût des bonnes choses ». A côté d’elle, se trouve Anaïs, chef à domicile. Son métier semble obscur. « C’est comme si j’amenais le restaurant dans ta maison », explique-t-elle.

TADA, c’est quoi ?

« Il faut faire tes devoirs parce que c’est bon pour plus tard ». Mais que signifie plus tard ? C’est justement ce que veut expliquer TADA grâce à ses ateliers de découverte. L’ASBL veut donner une nouvelle motivation aux enfants. Antonio Ponte, instituteur à Saint-Josse et photographe bénévole pour TADA, se souvient : « J’avais un élève en 5ème primaire qui avait déjà une année de retard. Il a participé à TADA et cela l’a tellement aidé qu’il a décidé de passer son CEB à la fin de l’année. Et il a réussi ! »

Un dialogue intergénérationnel

TADA occasionne aussi un dialogue entre adultes et enfants. Pour Sofie Foets, TADA ne se limite pas à la découverte des métiers. « L’enfant apprend  aussi la discipline, la persévérance. Avec les ateliers cuisine, il apprend à s’adresser poliment au client, à travailler en équipe ou encore à résoudre les conflits. »

Riz soufflé au granola, petits choux ou encore salade de fruits, les plats sont prêts. Les couteaux sont rangés, les tables vidées et lavées. Alexandre, qui travaille pour la biscuiterie La Maison Dandoy, et Christelle, gérante du restaurant Chez Henri et Agnès, font le point sur leur expérience.

Alexandre, de la maison Dandoy et Christelle, gérante de Chez Henri et Agnès parlent de TADA from Angèle Olivier on Vimeo.

Photos réalisées par Antonio Ponte et Angèle Olivier

 

Un engagement

Participer à TADA, c’est venir assister aux ateliers tous les samedis pendant trois ans. Et pas question de rater un cours ! Cela ne dérange pas les participants, au contraire. Les enfants sont heureux de leurs découvertes. Yacine et Melek, 11 ans, parlent de leur expérience chez TADA.

Melek 11 ans et Yacine 11 ans parlent de leur expérience chez TADA from Angèle Olivier on Vimeo.

Photos réalisées par Antonio Ponte et Angèle Olivier

 

Une action préventive

TADA veut prévenir la démotivation et la perte de perspectives, qui sont « des causes de beaucoup de problèmes comme la fatigue d’apprentissage, le décrochage scolaire, parfois même le chômage de longue durée ». Une action préventive pour que « les enfants gardent leurs étoiles dans les yeux, même s’ils vivent parfois des circonstances difficiles ».

« Pour que l’autre ne soit plus considéré comme un autre »

« Il y a une inégalité d’enseignement énorme en Belgique », affirme Sofie Foets, la fondatrice de TADA. Cette inégalité, Antonio Ponte, instituteur dans une école de classe 1 à Saint-Josse, la ressent tous les jours. « J’ai auparavant travaillé dans des écoles plus aisées. Là, les parents ont des relations qui ouvrent les portes. Dans mon école, ce n’est pas le cas. Mais grâce à TADA, les portes s’ouvrent aussi pour ces enfants. Sans l’association, ils n’auraient jamais pu découvrir tout ce qu’ils ont découvert ».

Une inégalité qui a poussé Sofie Foets à créer TADA. Equivalente belge d’une initiative néerlandaise, IMC Weekendschool, TADA naît en 2012 avec deux classes : une francophone et une néerlandophone. TADA a fait le choix d’être bilingue. Car souhaiter un dialogue interculturel, c’est aussi souhaiter un dialogue intercommunautaire. Pour Sofie Foets, c’était une évidence. « Parler avec l’autre, c’est aussi parler entre francophones et néerlandophones de Belgique ».

 

Chaque semaine pendant deux mois, un étudiant en journalisme sélectionné pour le concours de la Belgodyssée propose un reportage sur les nouvelles formes de solidarité. Angèle Olivier s'est intéressée à l'ASBL bruxelloise TADA qui permet aux enfants de découvrir chaque samedi un métier avec un professionnel. Elle a travaillé en binome bilingue avec Jorik Leemans. N'hésitez pas à laisser vos commentaires sur son travail.

Angèle Olivier, Liège

Diplômée de l’ULB, je suis passionnée par le journalisme depuis mon enfance. Ce qui me passionne surtout dans ce métier, ce sont les rencontres. Des rencontres avec des mondes, des milieux, des personnes qui me font aussi évoluer dans ma propre vie. Je reste attirée par la radio, ce média qui arrive à véhiculer beaucoup d’informations et d’émotions par le seul véhicule de la voix et du son.

Les reportages radio des candidats de la Belgodyssée, c'est chaque samedi sur VivaCité, dans l'émission "Grandeur nature" d'Adrien Joveneau, de 15h à 17h.

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