BORIS VANACKER (5/8)

Quand les sans-papiers accueillent des réfugiés

Après l’expulsion des demandeurs d’asile du parc Maximilien, à Bruxelles, un collectif de sans-papiers a décidé de forcer les portes d’un bâtiment inoccupé, à deux pas de l’avenue Louise, en proposant un toit à ces personnes. Aujourd’hui, la Maison des migrants est devenue un espace de vie qui accueille une centaine de personnes.

Chaque semaine pendant deux mois, un étudiant en journalisme sélectionné pour le concours de la Belgodyssée propose un reportage sur le thème des nouvelles formes de solidarité. Découvrir le candidat de la semaine.

 

Un repas chaud et un lit, voilà ce qui est offert à chaque réfugié lorsqu’il passe la grande porte en fer forgé de la Maison des migrants. Personne n’y entre sans l’accord de Jamel, responsable de l’accueil et détenteur des clefs. Chaque jour, il voit arriver jusqu’à trente nouveaux visages. Ces personnes, souvent épuisées et affamées suite à leur long voyage, viennent y trouver un premier refuge. Dès le lendemain, un groupe composé de sans-papiers et de bénévoles belges aide et emmène ces demandeurs d’asile à l’Office des étrangers afin d’être redirigés vers des centres d’accueil plus appropriés. Ces derniers sont gérés par Fedasil, la Croix-Rouge et les CPAS de Belgique.

Pour Mohammed, présent depuis le début du projet, la Maison des migrants apporte un soutien moral à toutes ces personnes : «Cela fait sept ans que je vis et que je travaille en Belgique. En tant que sans-papiers, je suis passé par le même chemin. Aujourd’hui, on connaît le pays. On peut les rassurer, les conseiller, leur dire où ils doivent aller. Ils peuvent rester s’ils le veulent. On est en train de construire un projet dans cette maison.»

Un espace en plein développement

Lorsque ce collectif s’est installé pour la première fois, durant les premiers jours du mois de novembre, le bâtiment était complètement vide. Petit à petit, des volontaires, avec ou sans papiers, ont donné un peu de leur temps et de leur argent afin d’aider ces deux communautés à cohabiter. Aujourd’hui, la maison évolue et se transforme jour après jour. Grâce aux dons de citoyens engagés, des lits, meubles, vêtements et jouets pour enfants remplissent peu à peu l’espace. Ce bâtiment devient progressivement un espace de vie, où plus d’une centaine de personnes vivent en ce moment.  

A la recherche d’une autonomie  

De nombreuses activités ont pour objectif l’aide à l’intégration de ces personnes. Sonia, fait partie des bénévoles mobilisées. Etudiante en sciences politiques à l’ULB,  elle a répondu présente lorsqu’on lui a proposé de donner des cours de français. «Ils ont tous des niveaux différents de français, mais l’idée c’est de les faire progresser. Et surtout qu’ils puissent se débrouiller seuls et communiquer avec l’extérieur.» Même si cette initiative est récente, la mobilisation autour de cette maison est déjà très importante et ne fait que s’agrandir.

 

La lutte continue pour les sans-papiers

Ils vivent en Belgique depuis cinq, dix ou même parfois vingt ans, mais n’ont toujours pas de statut légal dans notre pays. Chaque mardi à 17h, ils se donnent rendez-vous dans une grande salle isolée à l’arrière de la Maison des migrants. Tous ces sans-papiers viennent écouter les conseils de Selma Benkhelifa, militante et bénévole, mais surtout avocate au barreau de Bruxelles. «J’essaye de donner à ces personnes une formation juridique et d’expliquer le cadre légal qui existe en Belgique pour les migrants».

Mohammed vit en Belgique depuis sept ans, mais ne peut toujours pas travailler légalement dans notre pays: «J’ai déjà fait huit demandes de régularisation auprès de l’Office des étrangers avec mon avocat, à chaque fois on m’a dit désolé, ce n’est pas possible. J’ai cinq enfants, comment je fais ?» Comme les cinquante autres sans-papiers, il a tenu à s’installer dans cette maison et à construire des projets pour favoriser son intégration. Sa famille le rejoindra dans quelques semaines. 

 

 

Chaque semaine pendant deux mois, un étudiant en journalisme sélectionné pour le concours de la Belgodyssée propose un reportage sur les nouvelles formes de solidarité. C'est sur la Maison des migrants, à Bruxelles, que Boris Vanacker a tenu à faire son focus. Il a travaillé en binome bilingue avec Elise Chevalier. N'hésitez pas à laisser vos commentaires sur son travail.

Boris Vanacker, Ath

Récemment diplômé en presse et information à l’IHECS, je me destine au métier de journaliste. L’actualité et l’investigation me passionnent. Mon domaine de prédilection reste l’audiovisuel où j’ai déjà eu la chance de réaliser de nombreux reportages en Belgique et à l’étranger. J’avance dans la vie en créant de nouveaux projets qui me permettent de vivre à chaque fois de nouvelles expériences. 

Les reportages radio des candidats de la Belgodyssée, c'est chaque samedi sur VivaCité, dans l'émission "Grandeur nature" d'Adrien Joveneau, de 15h à 17h.

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