POLLUTION AUTOMOBILE

Des normes moins contraignantes mais des tests en conduite réelle

Des normes moins contraignantes mais des tests en conduite réelle

Le scandale Volkswagen a poussé l’Europe à définir de nouvelles normes pour les tests de pollution automobile. Mais il a fallu transiger avec l’industrie. AFP

Deux mois après la triche de Volkswagen qui a mis en évidence les failles des tests automobiles, l’Union européenne s’est décidée pour des tests en conditions réelles de conduite. Mais les normes imposées seront moins contraignantes. Fureur des écologistes.

La décision a été finalisée mercredi. Non lors d’une réunion des ministres de l’environnement, mais au sein d’un cabinet d’experts chargé de fixer les règles européennes quand elles sont très techniques. Une réunion portes closes, qui laisse plus d’espace au jeu des lobbys. Et ils ont fonctionné. Les tests d’émissions des gaz polluants des automobiles seront moins contraignants que ce qu’aurait voulu la Commission européenne, et surtout les organisations écologiques, qui ont dénoncé ce «cynisme». Mais la décision, prise à Bruxelles a dû prendre en compte «les limitations techniques» dans l’amélioration des moteurs diesel, par une industrie qui représente 12 millions d’emplois dans l’UE.

Tests: une réelle avancée

La mise en place des tests en condition réelle avait été décidée au printemps, il restait à en établir le caractère contraignant. C’est à partir du 1er janvier 2017 que ces tests se dérouleront en situation de conduite, et non plus seulement en laboratoire. Il s’agit d’une réelle avancée vers plus de vérité, puisque la procédure ne devrait plus permettre aux constructeurs de tricher, comme l’a fait Volkswagen, pris le logiciel dans le sac, en «optimisant» le fonctionnement de leurs moteurs en fonction du test, ou en préparant spécifiquement des voitures aptes à le réussir. Ça devrait ainsi réduire les écarts constatés par le conducteur entre la consommation théorique et réelle de sa voiture.

Grande marge de tolérance

Mais du temps a dès lors été laissé aux entreprises automobiles pour s’adapter, ce qui sera fait en deux étapes. À partir de septembre 2017, les constructeurs vont bénéficier d’une marge de tolérance de 110% pour les émissions d’oxydes d’azote (NOx) des nouveaux modèles mis en circulation, soit 2,1 fois plus que le seuil de 80 mg/km stipulé actuellement par la législation européenne pour les tests en laboratoire.

Puis à partir de janvier 2020, cette différence sera ramenée à 1,5 fois pour tous les nouveaux modèles. Les véhicules pourront donc encore dépasser les normes de 50%. «L’accord trouvé sur la divergence autorisée entre la limite autorisée mesurée en condition réelle de conduite et celle mesurée en laboratoire représente quand même une baisse significative comparée à la différence actuelle», souligne la Commission. Il fallait transiger, l’Italie, l’Espagne, la République tchèque, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, gros producteurs automobiles, se refusant de voter les propositions initiales.