FOOTBALL - OPINION

Réveil pétaradant du Standard: fallait-il vraiment en arriver là?

Réveil pétaradant du Standard: fallait-il vraiment en arriver là?

- BELGA

Le Standard a (re)gagné. Enfin. Mais son image se trouve à nouveau ternie par l’inconscience de quelques «supporters» beaucoup trop chauds.

Un dessin, même d’un joueur avec la tête coupée, reste un dessin. Des chants hostiles ou chambreurs font partie du folklore d’un match de foot. Bien qu’interdits, les fumigènes s’inscrivent dans la mentalité ultras et apportent du spectacle en tribunes. Mais les pétards... non! Cela n’a rien à faire sur un terrain de foot. Mettre en danger l’intégrité physique d’un joueur, et indirectement de stewards, est inadmissible.

Silvio Proto avait déjà été ainsi pris pour cible à Sclessin. Cette fois, c’est Nicolas Penneteau qui a dû avoir les oreilles qui sifflent après les deux petites explosions en 20 minutes qui se sont produites juste à côté de lui. «Ils (NDLR: les supporters liégeois) ont foutu le bordel, ils ont réussi, tant mieux pour eux. C’est dommage. Le football belge mérite mieux que ça», a commenté l’expérimenté gardien français.

Une «réussite». C’est sans doute ce que doivent se dire aussi les fauteurs de trouble vu la tournure des événements. Leurs actes répréhensibles ont influé sur le scénario du match. Si les Carolos se gardent bien de dire qu’elle a été décisive, l’interruption décidée par l’arbitre à la 79e minute alors que le Standard était mené 2-1 a clairement permis aux Rouches de se remobiliser. Et si personne n’est là pour les condamner, qu’est-ce qui les empêchera de recommencer?

La balle est dans le camp du procureur général de l’Union belge. Celui-ci ne peut prendre des sanctions que contre le club, pas contre des individus (cette prérogative revient à la cellule foot du ministère de l’Intérieur). Mais infliger un match à huis clos, par exemple, reviendrait à punir toute la classe à cause de quelques cancres. Un huis clos partiel alors? Ce qu’il faut surtout, c’est une prise de conscience des risques que ces supporters prennent et font encourir à autrui. Leur passion, aussi chère ou aveuglante soit-elle, ne peut prendre le pas sur la raison.

Que se serait-il passé si le Standard avait fini par perdre ce match? Le fameux «Ça va péter» entendu en tribunes allait-il prendre encore davantage de sens? Faudra-t-il un blessé (ou pire) pour que les esprits les plus obtus réalisent la gravité de la situation.

Les supporters carolos qui ont canardé Jelle Van Damme et certains de ses coéquipiers au terme de la défaite 2-3 de leurs Zèbres ne se sont pas montrés plus malins. Au final, c’est l’image du foot wallon qui en prend un coup. Le dernier, espérons-le.