RIXENSART

Serge Deguide est parti pour son plus grand tour

Serge Deguide est parti pour son plus grand tour

Serge Deguide entendait partager son aventure et la voile avec d’autres malades, partout dans le monde.

Serge Deguide avait un cancer généralisé et rêvait de faire un tour du monde à la voile. Il est mort vendredi et son rêve, il l’a offert à d’autres malades.

«Je n’ai pas d’enfant et ce projet, c’est mon bébé, c’est aussi une façon de laisser une trace.» Quand nous l’avons rencontré en février 2014, Serge Deguide (44 ans) avait entamé une grande campagne de récolte de fonds afin de faire un tour du monde à la voile. C’était son projet, un projet assez incroyable quand on sait que le Rixensartois avait un cancer généralisé.

On l’avait revu voici quelques mois et il nous avait confié, après une sortie de préparation en Mer Méditerranée, qu’affaibli par la maladie, il ne pourrait probablement pas réaliser son rêve. Par contre, au travers des son association «Un voilier contre le cancer», il entendait bien réaliser le rêve d’autres malades: celui de glisser sur les eaux…

Malgré un combat de tous les jours, malgré des ressources morales surhumaines, malgré une détermination qui lui a permis de défier la maladie pendant plus de cinq ans, Serge est parti vendredi à midi pour un autre voyage.

«Hasard du calendrier, signe du destin, le voilier contre le cancer, l’ASBL dont il est le fondateur, organise une promenade en mer pour que d’autres puissent s’évader, rêver, signale Muriel Lombaerts, l’une de ses amies proches. Impossible pour moi de vous écrire ces quelques lignes sans être dévastée par l’émotion. Je le ferai donc avec mon cœur. Celui d’une amie…. Courageux, combatif, passionné, amoureux, généreux, il est un exemple pour nous toutes et tous. Ses yeux pétillants et son grand sourire… Il voulait que son «bébé» continue propager ce message d’espoir. Il a réussi! Je suis certaine que Serge fera partie de ce voyage comme tous ceux à venir…»

Il ne devra plus réapprendre à marcher comme il a dû le faire à trois reprises après de lourdes opérations: «Je suis hors pronostic», nous avait-il glissé un jour. Oui, hors pronostic et hors du commun. Il devait se battre pour vivre mais aussi se battre aussi pour faire changer le regard des autres sur les malades et, surtout, pour montrer l’exemple et donner de l’espoir à tous les malades. C’est cela qui me tient debout.»

Il n’est malheureusement plus là pour nous remonter le moral.