PRO LEAGUE

L’incroyable parcours de Yannick Loemba: de la P4 au sommet de la D1 en 8 ans

L’incroyable parcours de Yannick Loemba: de la P4 au sommet de la D1 en 8 ans

- BELGA

Il y a 8 ans, Yannick Loemba évoluait encore à Evere, en P4 brabançonne. Il a gravi les échelons un à un et se retrouve aujourd’hui en tête de la D1 avec Ostende. Retour sur son incroyable parcours.

Roman Ferber n’est pas l’unique joueur de D1 au parcours atypique. Son équipier de l’an dernier (à Mons), Yannick Loemba, a lui aussi pas mal bourlingué dans les différentes divisions inférieures - et même... amateurs - avant de rejoindre l’élite. Il y a huit ans, celui qui évolue désormais dans l’équipe qui occupe... la tête de la Pro League, Ostende, faisait partie du noyau de l’équipe d’Evere... en P4 brabançonne!

«J’ai appris le football dans la rue, je n’ai jamais mis les pieds dans une école de jeunes», explique l’attaquant de 24 ans, qui a rejoint la Belgique à 8 ans en provenance du Congo-Brazzaville. «Un jour, j’ai décidé de m’inscrire au club qu’il y avait à côté de chez moi, à Evere. D’année en année, nous sommes montés jusqu’en P2.» Et au terme de sa deuxième saison au deuxième échelon provinciale, le joueur tape dans l’œil du White Star, alors en D3. «En fait, lors d’un tournoi vétéran auquel je participais, j’ai fait la rencontre de l’entraîneur des gardiens du White Star», détaille-t-il. «Il m’a proposé de venir faire un test là-bas. J’ai sauté sur l’occasion. Mais ne m’étant pas désaffilié de mon club d’Evere, j’ai dû attendre un an supplémentaire avant de pouvoir jouer pour le White Star.»

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J’ai eu la chance de tomber sur un coach juste, Felice Mazzù

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Une année de «perdue» qui n’a pas empêché Yannick Loemba d’éclore dès l’année suivante... en D2. «J’ai eu la chance que le club monte juste avant mon arrivée. Mais je me suis rapidement rendu compte qu’il ne faudrait pas que je loupe un seul entraînement si je voulais me mettre au niveau de mes coéquipiers. Je savais que je ne faisais pas partie des privilégiés qu’il fallait que je sois meilleur que les autres pour jouer. Mais j’ai eu la chance de tomber sur un coach juste, Felice Mazzù (voir ci-contre), qui m’a rapidement intégré dans les 18. Progressivement, il m’a donné du temps de jeu, jusqu’à une entrée à la mi-temps d’un match contre Wetteren. Une rencontre qui a changé la suite de ma carrière. J’ai délivré deux assists, on a remporté le match et j’ai été titulaire contre Alost, la semaine suivante. Là, je plante un doublé, et ma saison est définitivement lancée.»

Mais l’année suivante, les choses se compliquent: le White Star est racheté, Felice Mazzù s’en va et le club chante totalement de philosophie. «Ce n’était plus le White Star que j’ai connu», affirme Loemba.» Il y avait trop de choses qui n’allaient pas. On n’était jamais alignés trois matches d’affilée, quelles que soient nos performances. Un joueur a besoin de constance pour progresser.»

À Mons grâce à Pierre François

Yannick Loemba signe donc à Mons, où un certain Pierre François, qu’il a bien connu au White Star, l’a renseigné. «J’avais aussi été testé à OHL mais ça ne s’est pas fait. Je n’en garde aucun regret, car j’ai vécu à Mons l’une des plus belles saisons de ma carrière (NDLR: il a inscrit 9 buts en championnat). Ce qui s’y est passé est vraiment dommage et invraisemblable. Car on ne parle pas d’un club de P1 ou de Promotion mais de Mons, qui était encore en D1 l’année avant la faillite! Je ne m’y attendais pas du tout. Je suis malgré tout reconnaissant envers ce club, qui restera le premier à m’avoir donné une chance d’évoluer dans une structure professionnelle. Sans Mons, je ne serais pas à Ostende aujourd’hui.»

Mais le club côtier n’était pas le seul candidat acquéreur au printemps dernier. «J’étais libre de contrat et plusieurs clubs, dont plusieurs formations turques, sont venues aux renseignements. Mais j’avais dit à mon agent que je voulais du concret. Quand Ostende est venu avec une vraie proposition, je n’ai donc pas hésité.»

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J’ai toujours pris le bus en retard dans ma carrière. Ce qui compte, c’est la fin. Comme pour un film.

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Un contrat qui lui permet de vivre son rêve: évoluer en D1. Et pas n’importe où, puisqu’il fait partie du noyau de l’équipe qui occupe actuellement la tête de la Pro League! «C’est incroyable», reconnaît-il. «La différence, avec la D2, c’est que Roman, avec qui je garde des contacts, et moi sommes sortis de notre zone de confort. Désormais, on doit se battre à chaque entraînement pour être dans les 18, même pas pour être sur le terrain. Mais je ne m’inquiète pas de mon faible temps de jeu. J’ai toujours pris le bus en retard dans ma carrière. Ce qui compte, c’est la fin. Comme pour un film. J’ai la confiance du coach et c’est le plus important pour l’instant. Je ne peux pas lui en vouloir de ne pas me titulariser alors que le onze habituel est en tête du championnat. Mais il m’a déjà fait monter lors de matches importants, comme lors de la victoire au Standard, où j’ai délivré ma première passe décivie en D1. Un sacré souvenir...» Un souvenir qui en appelle sans doute beaucoup d’autres...

«Une mauvaise réputation? Je ne comprends pas pourquoi»

Si Yannick Loemba n’a pas franchi les échelons plus rapidement, c’est peut-être en raison d’une réputation de «perturbateur» qu’il traîne depuis quelques années.

«On me présente souvent comme un joueur perturbateur qui a mauvais caractère. Ceux qui me connaissent savent que c’est faux. Frederiek Vanderbiest (NDLR: il a signé à Ostende avant l’arrivée de Vanderhaege) le savait aussi. Mais malheureusement, quand une personne sort une mauvaise information, ça se répand très rapidement. Je ne sais pas d’où c’est venu... Je n’ai jamais eu un mauvais comportement... Après, je reconnais que j’ai mon caractère. Mais c’est grâce à lui que je suis là où je suis aujourd’hui... »

«Avec Mazzù, le travail est toujours récompensé»

S’il y a bien un entraîneur qui a marqué Yannick Loemba dans sa carrière, c’est bien Felice Mazzù. «Avec lui, le travail est toujours récompensé», assure-t-il. «Je l’ai dit à Roman (Ferber), qui travaille avec Felice pour la première fois: “Tu auras ta chance”.»

Car les deux ex-Montois sont restés en contact depuis leur départ du RAEC. «Je le charrie un peu vu notre position au classement», rigole Loemba. «On attend impatiemment le déplacement d’Ostende au Sporting, le 31 octobre prochain.»

«On reste le petit Ostende»

Mais avant cela, les Ostendais doivent notamment négocier un déplacement difficile au Club de Bruges, ce week-end. Un déplacement qu’ils entameront dans la peau du... leader.

«Mais on doit rester les pieds sur Terre», tempère l’ex-Montois. «L’objectif avoué, ce sont les play-off 1. Pas plus pour le moment. Il y a eu un gros travail de recrutement, du coach et des joueurs pour arriver où nous sommes aujourd’hui. Mais nous restons le petit Ostende et, dimanche, Bruges restera la grand Bruges. Même si j’espère qu’il attendra encore une semaine pour se réveiller (rires).»