JAZZ

L’ « Enivrance » mélodiqued’Ivan Paduart

Un nouvel album en trio et une vingtaine de concerts d’ici la fin de l’année. Impossible de passer à côté de l’actualité musicale du pianiste.

Des collaborations avec Richard Galliano, Manu Katché, Rick Margitza, Tom Harrell. Mais c’est vers la formule du trio que balance le cœur d’Ivan Paduart: «C’est ma formule de prédilection. Le trio ce sont d’abord des musiciens de haut vol avec qui existe une interaction très fluide. La deuxième raison, c’est que la formule du trio me donne plus de latitude, je suis le capitaine du bateau, j’adore prendre la barre; quand on accompagne un soliste, on est tenu par certaines contingences et je ne suis pas tout à fait maître de la situation.»

Il faut dire que ses deux partenaires, le pianiste les côtoie depuis longtemps et apprécie leurs qualités: «Philippe Aerts a un son très chaud, très plein et il a un timing extraordinaire, il n’en fait jamais trop. Quant à Hans van Oosterhout, c’est un batteur fluide, polyvalent, et je pense que ses incursions dans la musique pop ont nourri son langage – il a accompagné Vaya Con Dios et Viktor Lazslo. Le fait d’avoir joué binaire nourrit davantage son vocabulaire, il est très efficace.»

Les neuf nouvelles compositions de l’album mettent en avant le sens mélodique du leader et l’équilibre qu’il privilégie entre les influences jazz et classique: «Au niveau des compositions, le classique m’inspire beaucoup. Je suis pétri de jazz, bien sûr, la grande jubilation du jazz c’est l’improvisation, mais les grands standards du jazz ne font jamais que 24 ou 30 mesures. En musique classique, on développe, il y a une deuxième voix, puis un contrepoint, une approche plus profonde, plus complexe de la mélodie, j’y trouve plus d’inspiration.»

Une inspiration qui apparait aussi dans les titres des chansons – «morceaux» serait sans doute trop réducteur – comme le titre éponyme, Enivrance, un mot qu’on ne trouvera dans aucun dictionnaire: «C’est un mot qui n’existe pas, mais qui m’est venu tout seul… Enivrer est plus joli que soûler, c’est plus poétique, on peut enivrer avec une odeur, une musique, des mots.»

Parmi la vingtaine de dates de concerts, Ivan Paduart sera à l’AB à Bruxelles ce 15 octobre, mais aussi le 24 au Centre Culturel de Woluwe Saint-Pierre où, avec le guitariste Quentin Dujardin, il accompagnera le film Home de Yann Arthus Bertrand.

Toutes les autres dates sur le site http://ivanpaduart.com/concerts/