JARDIN

Élagage : comment se débarrasser de ses branches ?

Élagage : comment se débarrasser de ses branches ?

Plein de bonne volonté, vous avez élagué vos arbres, haies et massifs pour l’hiver. Mais que faire avec toutes vos branches? Voici quelques solutions. Patryssia – Fotolia

L’automne est une période propice à l’élagage des arbres et massifs arborés. Plutôt que de brûler ou évacuer les branches, recyclez-les.

L’automne est presque là, les feuilles tomberont bientôt et c’est généralement une période propice à l’élagage des haies, massifs arborés et arbres du jardin. Une corvée qui se double de celle de l’évacuation des branches. Soit par des allers-retours au parc à conteneurs, mais c’est fastidieux. Soit par le brûlage des branches, mais c’est de moins en moins toléré par les voisins et les règlements communaux. Il est vrai que le bilan environnemental n’est pas très bon, a fortiori avec du bois fraîchement coupé. Un feu de 50 kg de déchets verts produit ainsi autant de particules que le chauffage d’une maison pendant plus de quatre mois…

Le broyage constitue donc une alternative intéressante à l’élimination des branches. Cela permet de réduire le volume de déchets et donc facilite son évacuation. Mais le broyat peut aussi être réutilisé de différentes manières sans même devoir l’évacuer de chez vous.

Le recyclage le plus simple est l’utilisation du broyat (ou mulch) en paillage dans les parterres. Cette couverture a l’avantage de ralentir la pousse des mauvaises herbes et de maintenir l’humidité au sol. Et en se décomposant, ces déchets de bois nourrissent le sol. En disposant une épaisseur suffisante, ce paillage peut aussi servir de protection contre le gel au pied de certaines plantes ou arbustes plus fragiles. Attention à éviter le broyat de résineux dont le caractère acidifiant peut être préjudiciable. Par contre, placé directement sur les mauvaises herbes, il peut alors avoir un effet désherbant.

Utiles et décoratives

Le broyat de branches constitue aussi un apport carboné intéressant pour le compost. Et la technique du «bois raméal fragmenté» (BRF) permet d’amender directement le sol du potager. Une couche de minimum un centimètre d’épaisseur est nécessaire et on peut accélérer le processus en ratissant légèrement pour l’enfoncer dans les premiers centimètres de terre.

Autre utilisation plus marginale: le broyat comme combustible de chauffage. Certaines chaudières (à bois déchiquetés par exemple) l’acceptent, à condition qu’il soit sec évidemment. Les branches plus petites peuvent aussi servir à démarrer un feu de bois, dans un poêle, un brasero ou un barbecue. Enfin, épargnez les lames et les flammes à certaines branches. Celles de certaines essences de bois (noisetier, frêne, saule, noyer…) se prêtent particulièrement bien à la réalisation de tuteurs ou de clôtures et écrans tressés. Un tel assemblage donnera à ces branches une nouvelle vie à la fois utile et décorative dans le jardin.

Un abri naturel

Ménager un tas de branches dans le jardin constitue un abri naturel pour toute une faune qui vous sera utile contre les nuisibles.

Épargnez-vous du boulot et faites plaisir aux hôtes du jardin. Un tas de branchages dans un coin du jardin constituera un abri qui attirera divers animaux et insectes. Parmi les invités, le hérisson appréciera d’autant plus ce tas de branches protectrices si vous glissez en dessous une caisse garnie de paille ou de feuilles mortes. Sous le tas de branches, les herbes et feuilles qui se décomposent produiront chaleur et humidité qui plairont aussi aux orvets, crapauds et à une multitude d’insectes. Parmi lesquels la coccinelle qui aime s’abriter sous les écorces des branches mortes, tout comme le perce-oreille (ou forficule). Autant d’alliés précieux contre les pucerons lors du retour des beaux jours. Certains oiseaux y trouveront aussi un abri idéal. Vous pouvez également utiliser de fines branches pour garnir des hôtels à insectes.

Quel broyeur?

Patron des magasins «L’Atelier du Jardin» à Huy et Andenne, Gregory Janssens constate une hausse constante des ventes de ce type d’appareils. Pourtant, il prévient honnêtement: «L’achat d’un tel appareil n’est pas forcément rentable si c’est pour broyer une fois par an la taille d’une haie.» Premier critère de choix, donc: le volume de branchage que l’on aura à recycler. S’il n’est pas suffisant, la location d’un broyeur est une bonne alternative. Pour 50€ la journée, on disposera d’un appareil de bon niveau. L’achat d’un appareil équivalent ne serait sans doute pas amorti en moins de 10 ans. Car s’il est possible de trouver des broyeurs pour une centaine d’euros en grande surface, notre professionnel du jardin les déconseille. Ils font sans doute le boulot (pour de petites quantités et faible diamètre de branches), mais le service après vente et le remplacement de pièces défectueuses est plus problématique.

Pour une marque spécialisée dans ces appareils il faut par contre compter un minimum de 300€ pour un modèle électrique (jusqu’à 1 500€) et de 1 100 à plus de 2 000€ pour un broyeur à essence.

Toute la différence entre les appareils est essentiellement dans la puissance et donc dans le diamètre des branches qui peuvent être broyées. Le diamètre maximal admis étant de 55 mm pour un électrique et 75 mm pour un thermique. C’est évidemment aussi un critère de choix essentiel.

Enfin, les systèmes de coupe (rotor porte-couteaux, plateau tournant…) peuvent varier selon les marques et modèles et donner des résultats de broyat différents (taille et formes de copeaux). En fonction de l’utilisation qu’on envisage pour ce broyat, c’est aussi un élément à prendre en compte.