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Nathalie Delmotte condamnée à cinq ans de prison avec sursis pour le meurtre de son mari

Nathalie Delmotte condamnée à cinq ans de prison avec sursis pour le meurtre de son mari

- BELGA

La cour d'assises du Hainaut a condamné, jeudi, Nathalie Delmotte à cinq ans avec sursis probatoire de cinq ans pour ce qui excède la détention preventive.

Plus tôt dans l'après-midi, le jury avait reconnu l'accusée coupable du meurtre de son époux Didier Francq, commis à Charleroi le 30 mai 2012, mais avait retenu l'excuse de provocation. Dans son verdict, le collège a retenu des circonstances atténuantes : le léger trouble de personnalité de l'accusé de type border line, son parcours de vie chaotique et son enfance destructurée.

Jeudi, le jury populaire a reconnu la culpabilité de Nathalie Delmotte pour le meurtre de son époux estimant que le mode opératoire démontrait l'intention d'homicide. "Après avoir opéré une strangulation manuellement, elle a eu recours à un lien placé autour du cou de la victime. La technique, la durée de la manoeuvre et les lésions établissent l'intention d'homicide", a estimé le jury.

Si le jury n'a pas retenu la contrainte irrésistible (article 71 du code pénal), il a retenu l'excuse de provocation plaidée également par la défense en retenant que l'accusée avait été victime de violence et de brimades quotidiennes d'un homme qui n'hésitait pas à s'en prendre à elle en présence de tiers, ce qui a amoindri son libre-arbitre sans totalement l'annihiler.

Le 30 mai 2012, peu avant 23h00, les services de secours de Charleroi avaient été appelés au 13 du boulevard Tirou à Charleroi. Un homme se trouvait en bas de l'immeuble et il disait aux secouristes qu'il n'avait rien pu faire. C.O. avait été témoin d'une violente scène de ménage au sein du couple Didier Francq-Nathalie Delmotte, qui occupait un appartement au deuxième étage. Une ultime scène de ménage.

L'ancien employé de Belgacom pré-retraité était en état d'ivresse. A l'heure du souper, il était sorti avec C.O. pour faire voler son hélicoptère sur une esplanade, ce qui avait eu le don d'énerver son épouse qui l'attendait pour souper. A table, le couple s'est échangé des insultes et Nathalie a vu rouge quand son mari a commencé à tenir des propos déplacés sur son papa tout en lui portant des coups au visage.

Le couple s'est battu et Nathalie s'est retrouvée sur son mari qu'elle a étranglé avec ses mains devant le témoin qui est parti pour alerter les secours depuis l'appartement du dessous. Après douze minutes de tentative de réanimation, Didier Francq était déclaré mort. L'autopsie pratiquée sur son corps a permis de déterminer qu'un lien, jamais retrouvé, avait été utilisé pour l'étrangler. Mais l'accusée a gardé peu de souvenir de l'agression.

Placée sous mandat d'arrêt le 31 mai 2012 pour meurtre, Nathalie Delmotte a été remise en liberté, sous conditions qu'elle respecte, le 20 septembre 2012. Depuis, Nathalie a entamé une formation et elle souhaite reprendre le chemin du travail, qu'elle avait abandonné à la demande de son mari, au plus vite. Accusée de vouloir mettre la main sur la fortune de son défunt mari, qui avait hérité d'une grosse somme d'argent, elle a précisé lors de l'audience qu'elle renonçait à cet héritage. Avant la clôture des débats, elle a exprimé ses regrets et a présenté ses excuses à la famille de son époux, un homme qu'elle dit avoir aimé.

"Le mélange des deux personnalités a entrainé leur descente aux enfers", avait commenté un ex-compagne de la victime. Un enfer qui baignait dans l'alcool et la jalousie. "Les faiblesses de la victime ont rencontré les travers de l'accusée", avait ajouté Me Gras, avocat d'une partie civile. Le couple était devenu toxique et le dominant a fini par tuer le dominé.


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