« Offrez une nuit d’hôtel à Alep à Francken et Homans ! » : l’appel aux dons d’Écolo J

« Offrez une nuit d’hôtel à Alep à Francken et Homans ! » : l’appel aux dons d’Écolo J

Un petit tour en Syrie? Un séjour à l’hôtel? Une nuit de feux d’artifice? C’est le gros pied de nez des jeunes écologistes aux deux représentants de la N-VA, Théo Francken et Liesbeth Homans. Leurs propos sur les réfugiés ont fait bouillir Écolo J.AFP PHOTO/YASIN AKGUL AFP

Écolo J a choisi l’humour et la provocation, suite aux propos de Liesbeth Homans et de Théo Francken: l’organisation lance une levée de fonds, un crowdfunding, pour offrir un séjour à Alep à «Théo et Liesbeth». Le point avec le jeune coprésident.

«Il faut leur offrir l’hôtel, peut-être?» ironisait mardi le secrétaire d’Etat à l’Asile, le N-VA Théo Francken.

Écolo J a décidé de réagir aussi par l’ironie. L’organisation vient en effet de lancer un crowdfunding pour payer un séjour à Alep (Syrie), non seulement à Théo Francken mais aussi à Liesbeth Homans. La ministre flamande du Logement N-VA qui refusera l’accès au logement social aux réfugiés qui sont propriétaires dans leur pays.

En contrepartie de leurs versements, annoncent les initiateurs de la levée de fonds, les généreux donateurs recevront un petit cadeau de la part des heureux bénéficiaires, Théo et Liesbeth.

Proportionnel à leur quote-part bien sûr: «Pour 50€ et plus: Théo et Liesbeth vous ramèneront un gilet de sauvetage. Pour 100€ et plus: Théo et Liesbeth vous ramèneront un bateau prêt à l’emploi pour vos traversées occasionnelles...» Et tout est sur le même ton.

«L’humour, c’était la meilleure réponse face à des propos indécents et dépourvus de bon sens», explique Nicolas Raimondi, coprésident d’Écolo J.

Mais derrière cette réponse grinçante, il y a de la colère chez Écolo J. Et des propositions.

«On espère qu’il y aura des douches...»

Sur le site du crowdfunding, Écolo J joue le jeu à fond. «Il y a plusieurs possibilités d’hôtel à Alep mais on espère qu’il y aura des douches, des repas, la possibilité de prendre ses bagages et qu’il ne sera pas obligé de rentrer avant 21h. Ça dépendra bien entendu de votre contribution».

«Les tour-opérateurs nous ont promis que des feux d’artifice pourront être vus depuis n’importe quel hôtel! Quelle chance!»

Nicolas Raimondi explique. «Francken met sur le dos des migrants une situation dont il est responsable, notamment avec son quota de 250 dossiers traités par jour. C’est pour ça que les gens sont dans le parc. Il propose juste des lits, sans sanitaires, sans accompagnement. Alors, sa réaction sur l’hôtel... Face à un tel niveau de bêtise, il n’y a que l’humour à opposer. Nous leur proposons de vivre la situation des migrants, dans leur pays en guerre.»

Et on fait quoi des dons?

Et si de véritables donateurs se prenaient au jeu? Si des versements arrivent sur le site?

«Quand bien même, l’objectif est fixé à 10 000€. On ne les atteindra pas. Dans ce cas, comme toujours quand l’objectif du crowdfunding n’est pas atteint, l’argent est renvoyé aux donateurs», précise Nicolas Raimondi.

Et si, malgré tout, le cap des 10 000€ était atteint? «Alors l’argent sera versé à la plate-forme citoyenne qui s’occupe des réfugiés», ajoute-t-il.

Écolo J a sa propre position dans ce dossier. «Le droit à la dignité appartient à toutes et tous et passe par une régularisation de tous les migrants et la fin de la Forteresse Europe! Plutôt que de s’en prendre aux migrants, c’est les politiques de migration et d’asile qui doivent être remises en cause.»

«Pas de récup politique»

Leurs propositions ont fait l’objet de tout un dossier migration, actualisé en fonction des derniers éléments d’actualité. Par contre, l’organisation n’a pas souhaité intégrer la plate-forme d’accueil des migrants. «On ne voulait pas que notre présence passe pour de la récupération politique», justifie Nicolas Raimondi.

Mais les membres d’Écolo J sont invités à agir en tant que citoyens. «Même chose pour la manif de la fin septembre. On doit dépasser les clivages politiques dans ce dossier». Écolo J sera présent mais sans banderoles. Sauf celles qui réclament un accueil digne et l’ouverture des frontières.

Pour l’heure, les membres actifs du mouvement font campagne sur les campus, pour la rentrée universitaire. Et sur les réseaux sociaux, bien entendu. Sur ce plan-là, on sait que Théo Francken ne les a pas attendus...

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