L’ÉDITO PAR THIERRY DUPIÈREUX

Bon fonctionnaire

Bon fonctionnaire

EDA - Jacques Duchateau

Cet après-midi, à 14h30, cela risque de chauffer au parlement, le Comité d’avis fédéral chargé des questions européennes et deux commissions vont se réunir.

Le dossier à l’ordre du jour: «La crise de l’asile ». Attendu devant les parlementaires, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, et le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Theo Francken. Il y a de fortes chances pour que celui-ci se fasse chambrer sur le fameux tweet envoyé, mardi matin. Message dans lequel le N-VA relativisait avec un humour mal placé les besoins auxquels sont confrontés les réfugiés. Il faut s’attendre à une attaque en règle de l’opposition (singulièrement PS) qui brandit les commentaires de Francken comme la preuve de l’expression d’un racisme au sein du gouvernement. Choc des agendas et jeu politique, comme pour répondre au discours du Premier ministre Charles Michel qui, dimanche, à Pairi Daiza, affirmait avec force que le parti libéral ne ferait jamais le choix d’agiter le poison du racisme et de la xénophobie. Et au sein de son gouvernement? Le Premier ministre doit-il être au-dessus de la mêlée? Estimer que la sortie de Francken doit être traitée au sein de la seule N-VA? Se contenter du gros doigt agité par Jan Peumans, président nationaliste du parti flamand? Le silence du Premier pose ces questions et amplifie le bruit fait par ses détracteurs. C’est un peu comme si Charles Michel pardonnait le dérapage d’une de ses ouailles au motif que celle-ci applique avec loyauté les décisions du conseil des ministres en faveur des réfugiés. Les prises de position douteuses ne seraient donc pas de son ressort. Aujourd’hui, cette situation est viable, éloignée des échéances électorales, protégée par des vacances parlementaires qui le dispensent, par exemple, d’une explication réclamée en séance plénière, Charles Michel peut laisser passer l’orage.

Mais il s’agira d’être vigilant, le dossier des réfugiés est complexe à gérer par la N-VA dont le programme en matière d’immigration est très dur. La situation de crise l’oblige à des contorsions politiques qui loin de toucher le seul parti de De Wever pourraient aussi à terme mettre en difficulté le gouvernement. D’une façon ou d’une autre, le chef de l’exécutif devra, à un moment, faire entendre sa voix. Marquer sa distance avec des propos qu’il ne peut que condamner.

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