D’abord accueillir 160 000 réfugiés

«Accueillir les réfugiés est et doit être notre priorité absolue», a insisté Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen. AFP

Accueillir en urgence 160 000 réfugiés. Puis, mettre en place un mécanisme permanent: c’est ce que propose Jean-Claude Juncker.

Le nombre résulte d’une simple addition. Les 40 000 réfugiés arrivés sur le sol européen avant la première proposition de répartition formulée en mai par la Commission, et les 120 000 actuellement bloqués en Italie (15 600), en Grèce (50 400) et en Hongrie (54 000), cela en fait 160 000, que Jean-Claude Juncker a exhorté les États membres de l’Union Européenne (UE) à «prendre dans leurs bras ( … ) de façon obligatoire».

Face aux polémiques, le président de la Commission a plaidé, dans son discours sur l’état de l’Union, au Parlement européen, qu’ «il n’y a pas de religion, de croyance, de philosophie quand il s’agit de réfugiés». Si «les chiffres sont impressionnants, a-t-il poursuivi, ce n’est pas l’heure d’avoir peur». Et d’appeler les ministres européens de l’Intérieur qui se réunissent à Bruxelles le 14 septembre à «se mettre d’accord».

Au-delà de la répartition de ces réfugiés, présentée comme une mesure d’urgence, M. Juncker a insisté pour que l’UE mette en place «un mécanisme permanent ( … ) qui nous permettra de faire face plus rapidement à l’avenir» et d’éviter des marchandages entre États.

«Le boulanger de l’île de Kos»

Mais pas question, a-t-il précisé, de remettre en cause les accords de Schengen, qui organisent la libre circulation en Europe, et qui sont un «pilier de l’UE».

Il a aussi souhaité que les migrants puissent travailler «dès qu’ils arrivent sur le territoire de l’Union», s’attirant les critiques des europhobes.

«L’Europe, c’est le boulanger de l’île de Kos qui distribue du pain; c’est cet accueil à Munich, à Passau, ces gens qui ont accueilli à bras ouverts ces réfugiés dans les gares», a conclu Jean-Claude Juncker, sous les applaudissements de l’assemblée, où certains députés brandissaient des pancartes «Refugees welcome».

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