« J’en avais marre d’écrire sur moi »

D’où viennent votre goût pour les digressions et votre besoin de vous mettre en scène?

Raconter mes petites aventures un peu pathétiques vient de mes sept premiers romans qui s’appuient sur des choses de ma vie. En écrivant la vie de Sulak, je me suis rendu compte que cela m’était indispensable. Et j’avais d’autant plus besoin de donner une apparence de légèreté, de superficialité à ce livre-ci où tout est grave, sombre, triste. C’est en effet le seul moyen dont je dispose pour prendre un peu de recul. Et c’est tout ce que j’aime dans l’art. Quant aux histoires parallèles, elles me permettent de transmettre mes sentiments sans les exprimer clairement.

Vous en avez donc fini avec votre propre vie?

J’en avais marre d’écrire sur moi. Écrire a toujours été une corvée et je n’avais plus rien à raconter, ma vie est d’une monotonie parfaite. Et comme je n’ai aucune imagination, je me suis dit: «Soit j’arrête d’écrire, soit je parle de quelqu’un d’autre». C’est grâce à un documentaire que j’ai découvert Sulak. Et j’ai pris énormément de plaisir dans le travail de recherche et l’écriture du livre.

D’où Pauline Dubuisson…

Une habituée du café en bas de chez moi m’a prêté un livre sur des criminelles du XXe siècle, dont Pauline Dubuisson que je ne connaissais pas. Elle y est présentée comme la pire des créatures, comme une hyène diabolique. Si mes premières lectures ont conforté cette idée, petit à petit, je me suis rendu compte que ce n’était pas exact. Et j’ai ressenti de l’empathie pour elle, me disant que, pour connaître la vérité, le seul moyen était de revenir à la source.

Nos dernières videos