Agriculture : les organisations syndicales et professionnelles demandent à l’Europe d’agir

Agriculture : les organisations syndicales et professionnelles demandent à l’Europe d’agir

- AFP

La Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne) et la Cogeca (Comité général de la coopération agricole de l’Union européenne) ont souligné ce lundi le caractère sans précédent de la situation «déplorable» qui touche actuellement les producteurs européens de lait, de viandes porcine et bovine et de fruits et légumes.

Les deux organisations, regroupant certaines organisations syndicales et professionnelles agricoles, appelent à des actions de la part de l’UE et rappellent que cette situation est principalement le résultat de l’embargo russe sur les produits agricoles européens.

Ces restrictions ont entraîné la fermeture du principal marché d’exportation de l’UE et le secteur agricole, qui n’est pas responsable de cette situation, en est la principale victime, soulignent les organisations. Jusqu’en août 2014, le marché agro-alimentaire russe absorbait en effet des exportations européennes allant jusqu’à 16 milliards d’euros. L’embargo commercial imposé par la Russie a entraîné la suppression de près de la moitié, soit 5,5 milliards d’euros, des exportations agro-alimentaires.

Si la Copa et la Cogeca saluent les actions déjà entreprises par la Commission européenne pour tenter de remédier à la situation, celles-ci sont toutefois «loin d’être suffisantes pour compenser les lourdes pertes essuyées par les producteurs», «victimes de la politique internationale».

Le soutien ne peut pas uniquement être financé par le budget de la PAC (politique agricole commune), mais également par d’autres fonds, estiment les deux organisations.

Leurs demandes sont dès lors, entre autres, un maintien d’un secteur agricole économiquement viable dans toutes les régions de l’UE, une PAC reposant sur des principes économiques et des mesures européennes pour faire face à la volatilité des marchés agricoles ainsi que des mesures à moyen et long terme.

Elles appellent également l’UE à les soutenir pour trouver de nouveaux marchés, tant au sein de l’Union qu’à l’extérieur. Elles souhaitent des mesures pour rééquilibrer la chaîne alimentaire et lutter contre les pratiques commerciales déloyales, une position plus forte des agriculteurs sur les marchés agricoles et des prix justes pour les producteurs.

Enfin, les deux organisations veulent que l’on remédie au problème de liquidités des agriculteurs en leur versant les paiements directs de manière anticipée en automne.