La voix est cristalline, l’ambiance aérienne… Ane Brun creuse son sillon de poésie légère, qui sait parfois se parer de rock et se faire addictive.

When I’m Free est le cinquième album de la chanteuse norvégienne établie à Stockholm. Le titre: une phrase de la huitième chanson de la liste, Still Waters. Une référence à une période un peu sombre, «un moment où j’étais assez fatiguée, il y avait pas mal de tensions dans ma vie, je sentais que les choses n’étaient pas comme elles devraient être. Je voulais qu’elles se calment, qu’elles soient comme de l’eau tranquille. Je vois ma vie différemment depuis. J’ai écrit une chanson sur le fait de trouver cet équilibre et de comparer à avant. »

Depuis plus de quinze ans qu’elle chante, elle cherche à apprendre encore: «Je me suis mise au défi, je voulais voir si je pouvais chanter différemment, de la soul, des chansons orientales, je me suis entraînée pas mal. La voix est un instrument, vous pouvez l’utiliser de plein de manières différentes. J’ai découvert de nouvelles choses, de nouveaux sons. »

Elle s’est aussi replongée dans ses classiques, des artistes et des titres qu’elle aimait écouter dans les années 90, elle en a fait une longue liste sur Spotify et les a analysés pour essayer de comprendre ce qui lui plaisait, pourquoi c’étaient de bonnes chansons, toujours aujourd’hui et comment combiner ça avec son son à elle.

Dans sa play-list: Lauren Hill, DJ Shadow, Portishead, Tricky… cités dans les remerciements de l’album.

Ane Brun aime bien les collaborations et elle les choisit plutôt à l’instinct. Elle a notamment signé, début de l’année, un tout gros succès dance en Angleterre avec le duo de DJ Dr Kucho & Gregor Salto. «Ils m’ont envoyé ce son, ils m’ont demandé si je voulais écrire les textes et une mélodie. Je n’avais rien à faire à ce moment-là, alors j’ai dit pourquoi pas. Ça m’a beaucoup amusée parce que c’est très différent de ce que je fais. Je leur ai envoyé, sans prétention et ils m’ont dit “ ça va être un hit en Angleterre ”. Je n’y croyais pas du tout, mais c’est ce qui s’est passé. Je ne me suis pas tellement investie dans cette chanson, on ne me voit même pas dans le clip. C’est juste un chapitre très fun de ma vie. »

Quand on lui demande laquelle de ces collaborations a été la plus marquante, elle répond sans hésiter, celle avec Peter Gabriel, avec qui elle a partagé la scène pour une cinquantaine de dates: «De plusieurs manières, ça a été la plus importante parce que j’ai chanté beaucoup de choses que je n’aurais pas chantées avant. Et je pense que ça a changé ma façon de chanter. L’expérience d’une tournée internationale aussi, la confiance en moi que ça m’a apportée. Il y a un avant/après ».

Ane Brun «When I’m Free », V2. En concert au Botanique le 7 novembre.