« À poil pour un salaire vital »

AchAct réclame un salaire vital pour tous les travailleurs de l'habillement EdA

Rue Neuve, des militants enlèvent leur tee-shirt pour protester contre les mauvaises conditions salariales des travailleurs de l’industrie du vêtement.

Ce midi, une dizaine de militants se sont presque mis à poil au milieu de la rue Neuve, sous le regard intrigué des badauds en pleine séance de shopping.

« On a décidé de se mettre presque à poil pour dénoncer le fait que de nombreuses marques de vêtements ont un défaut vital : elles ne respectent pas les droits des travailleuses (80 à 90% des travailleurs sont des femmes) à gagner un salaire vital. Pour atteindre un salaire qui lui permet de faire vivre décemment sa famille, une travailleuse du Bangladesh doit travailler plus de 22h par jour, 6 jours sur 7 », affirme Carole Crabbé, coordinatrice d’achACT, une plateforme composée de syndicats, d’ONG, d’organisations de consommateurs, de femmes, de jeunes, de commerce équitable et de défense des droits humains.

 « Il faut passer du discours à l’action »

« On en a mare des grands discours sur la question du salaire vital. Les marques et les gouvernements disent qu’ils s’engagent pour payer un salaire vital aux employé(e)s mais concrètement il n’y a rien qui bouge. Cela suffit, il faut passer du discours à l’action », explique Carole Crabbé.

Cela fait plus de 3 ans que l’association achACT et son réseau internatial, la Clean Clothes Campaign, se mobilisent pour interpeller les entreprises et les décideurs politiques. Du 12 au 14 octobre prochain à Bruxelles, se tiendra un Forum International (Living Wage Now Forum) qui fera le point sur les conditions salariales des travailleurs de l’industrie du vêtement. Y seront présents des dizaines de représentants des travailleurs, ainsi que les représentants de marques et les décideurs politiques. Le groupe achACT compte profiter de cette occasion pour leur remettre une pétition, déjà signée par plus de 115000 citoyens à travers 17 pays différents.

Des propositions concrètes

AchACT propose d’agir sur 3 tableaux distincts. Premièrement, destination Cambodge: «  aujourd’hui, c'est l’un des pays au monde où les travailleurs se mobilisent le plus pour l’augmentation de leur salaire. Nous demandons aux entreprises, qui se fournissent au Cambodge, qu’elles rentrent en discussion avec les syndicats locaux et qu’elles soutiennent leurs revendications de salaires. Elles doivent aussi promettent aux gouvernements qu’elles y resteront, même si les salaires augmentent. Car c’est généralement la raison pour laquelle les salaires n’augmentent pas : les gouvernements ont peur que tout le monde foute le camp ».

Les chartes et les déclarations de bonnes intentions, c’est dépassé !

Le groupe militant demande aussi l’instauration d’un « devoir de vigilance » des entreprises et des marques: « les entreprises signent des chartes volontaires et non contraignantes qui n’aboutissent pas à des améliorations durables et systémiques des conditions de travail. Aujourd’hui, il faut réguler et obliger les entreprises à veiller à ce que leurs pratiques d’achat, n’influencent pas négativement le respect des Droits de l’Homme dans leurs filiales d’approvisionnement ».

« Notre troisième demande s’adresse à l’Europe Orientale car là aussi il y a un problème. Par exemple les salaires en Roumanie sont équivalents à ceux des travailleurs en Chine » affirme l’activiste. Encore une fois, le message est clair : « nous demandons aux gouvernements, qui fixent les salaires minimaux, de les augmenter ».

La rue du Midi, un lieu stratégique

L’organisme est formel : une action efficace passe aussi par la conscientisation des consommateurs : « le consommateur européen a été habitué à acheter des vêtements à un prix dérisoire. Mais nous voulons faire comprendre aux citoyens qu’il est possible d’agir, par exemple en signant cette pétition. Et ce n’est pas parce qu’on respecte le droit des travailleurs, qu’automatiquement, un vêtement est plus cher. Il est tout à fait possible de respecter le salaire vitale, sans impacter le consommateur », conclut Carole Crabbé.


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