Plaisir primaire

EdA - Jacques Duchateau

Donc voilà c’est fait.

Plus jamais, je ne prendrai le temps le matin de le conduire au bout de la rue. De discuter tranquillou avec lui du match du week-end sur les 207 mètres du trajet.

Plus jamais non plus je ne lancerai des «nondidju» au moment où, tout penaud, il se rendait compte à mi-chemin qu’il avait oublié sa boîte à tartines. Non, je ne le verrai plus retourner en courant vers la maison en m’entendant crier « grouille-toi, la cloche vient de sonner malin singe!».

Finies aussi mes petites conversations matinales avec les instits façon «démonstration Tupperware». Avec Madame Bernadette, ça papotait grave. Sans jamais médire, non non, c’est pas notre genre.

Celle-là, elle a toujours un sourire malicieux aux coins des lèvres. Sauf fin juin, quand elle est crevée parce qu’elle se démène pour que les plus cancres réussissent malgré tout leur CEB.

Et puis il y a radio-barrière. Sans vouloir dire, c’est 99,9% de mamans. Le 0,1%, c’était moi.

– «Et blablabla. et ma voisine qui reçoit chose quand son mari est parti et blablabla… Dis je passe du coca light, mais l’instit de mon gamin elle fout pas grand-chose hein».

- «Oh ben c’est bizarre parce que le mien il a jamais eu autant de travail. Dis au fait les fractions tu les faisais comme ça toi de ton temps?»

- «Ben non. Bon j’y vais parce que faut que j’aille faire mon vendredi. Bon ouiken hein».

Et les fancy-fairs? On en a servi des centaines de pintes pour faire rentrer 3 francs 6 sous et réduire ainsi la facture des classes de neige.

Tout ça c’est terminato maintenant que le gamin est rentré en secondaire.

C’était bien. Ça va me manquer. Un peu.

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