Mobilisation pour trouver le train d’or

Un des nombreux souterrains construits par les nazis en Pologne. Un train rempli d’or pourrait s’y trouver. AFP

C’est un peu le monstre du Loch Ness polonais. A-t-on enfin retrouvé un des deux trains remplis d’or et abandonnés par les nazis à la fin de la guerre?

La Pologne a annoncé mardi la mobilisation de moyens techniques militaires pour vérifier l’existence d’un mystérieux «train d’or nazi», qui selon des chercheurs aurait été enterré à la fin de la Seconde guerre mondiale dans la région de Walbrzych (sud-ouest).

«Le ministre a décidé d’envoyer des moyens techniques sur le terrain pour mener des recherches et vérifier l’existence de ce train», a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense Jacek Sonta. «Des spécialistes du génie militaire vont dans les prochains jours déterminer les moyens techniques qui seront utilisés», a-t-il ajouté.

Le voïvode (gouverneur) de la Basse-Silésie Tomasz Smolarz a exprimé son scepticisme sur l’existence même du convoi légendaire qui depuis quelques jours fascine le public en Pologne et à l’étranger.

«La valeur informative de l’annonce de la découverte n’est nullement supérieure à celles que nous avons vu apparaître depuis des dizaines d’années», a-t-il déclaré aux journalistes, après avoir réuni une cellule ad hoc chargée de l’affaire.

Vendredi, le conservateur général des monuments en Pologne Piotr Zuchowski avait, lui, déclaré avoir vu sur des images d’un radar à pénétration de sol une rame blindée, longue de plus de 100 mètres et enfouie sous terre. Il s’est déclaré alors convaincu «à 99%» de l’existence de ce «train nazi».

Une ONG, la Fondation Thesaurus, qui se donne pour objectif de rechercher et préserver les biens culturels, a informé lundi le parquet de l’existence possible d’une infraction de la part de M. Zuchowski, l’accusant d’avoir outrepassé ses compétences.

«Le conservateur général a fait preuve d’irresponsabilité. D’importants fonds, des moyens techniques et humains ont été engagés suite à ses déclarations alors qu’en vérité il n’y a rien de concret», a déclaré son président Piotr Lewandowski.

La zone, qui représente environ trois hectares de terrain à Walbrzych, a dû être protégée par la police pour empêcher des chasseurs de trésors amateurs de se livrer à des fouilles qui pourraient être dangereuses.

Les récits sur deux trains spéciaux nazis, disparus au printemps de 1945, excitent depuis des années l’imagination de nombreux chasseurs de trésors. Ils s’appuient sur l’existence d’importantes constructions souterraines allemandes, y compris celles autour de l’immense château de Ksiaz (Fürstenstein), proche de Walbrzych. Les nazis y avaient mené d’importants travaux pour y installer un des Q.G. d’Hitler.

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