L’ÉDITO PAR THIERRY DUPIÈREUX

Politique dérive

Politique dérive

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À croire que le dossier «réfugiés» fait perdre à certains hommes et femmes politiques leurs facultés de raisonnement. En ce début de semaine, coup sur coup, on a vu fleurir quelques perles et dérapages sur le terreau fertile de l’improvisation et de l’inconséquence.

La plus mignonne des saillies du jour revient à la boss de l’Open VLD. Gwendolyn Rutten. Lors d’une émission à la VRT, l’actuel flux des migrants a été comparé à l’exode de nos aïeux. La présidente des libéraux flamands a cru bon d’ajouter un bémol en affirmant que la grosse différence avec les deux guerres mondiales, c’est qu’ici, on ne savait pas combien de temps cela allait durer. Ben oui, forcément, nos aïeux quand la guerre 14-18 a débuté, ils savaient qu’elle allait se terminer quatre ans plus tard. Ils étaient tous devins.

Toujours en Flandre, un président de CPAS issu de la NV-A s’est signalé par son intention de « réclamer des petits boulots aux demandeurs d’asile qui arriveront dans sa commune ». Sur l’idée on se dira pourquoi pas, mais où ça se corse, c’est lorsque l’homme déclare qu’il sait que «ce n’est pas encore légal » mais qu’il ne voit pas pourquoi il devrait «attendre le gouvernement fédéral ». Ici, le problème est évident si chacun commence à organiser son truc dans son coin sans concertation, sur des bases qui ne sont pas légales, cela risque d’ajouter au chaos général. Le pompon de la connerie revient quand même à un des administrateurs de la page Facebook du MR de Fosses-la-Ville qui a posté la photo d’un énorme bateau où grimpent des milliers de personnes avec la phrase «le PS est sauvé, les nouveaux électeurs arrivent ».

Une blague d’un goût douteux, déjà vue sur des sites d’extrême droite en France, et dont l’illustration n’a rien à voir avec la situation actuelle puisqu’il s’agit d’une photo vieille de 24 ans. Et dire qu’Olivier Chastel a exigé de ses troupes prudence et retenue dans leur expression sur l’asile. Certains doivent avoir les portugaises ensablées.

Tout cela fait désordre. Le dossier des réfugiés ne souffre pas de l’amateurisme politique. Les mots doivent être pesés, pédagogiques, les messages de solidarité et l’esprit d’ouverture européen doivent prévaloir. Il n’y a pas de place pour le positionnement mesquin et l’esprit de clocher. Tout doit être clair, comme un message politique d’Angela Merkel.

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