« Quand il y a un ordre de quitter le territoire, c’est violent »

C’est malheureusement le lot de ces enfants déjà déracinés: un ordre de quitter le territoire peut arriver à chaque instant pour eux et leur famille.

De tels moments, Laura Coquette en a connu. «Et émotionnellement, c’est très difficile », souffle la jeune enseignante de l’école communale de Blocry, les yeux rapidement embués par les larmes. «C’est difficile pour les élèves et les enseignants et même terrible quand on sait qu’ils sont emmenés à l’aéroport pour être expulsés, dit-elle en se remémorant le cas d’enfants embarqués dans ces conditions. Les enfants pleurent et nous… on pleure aussi.»

Mais il faut aussi expliquer la situation à ceux qui restent. Avec tact et sans trop s’étaler sur les circonstances. Car cela peut raviver des plaies chez d’autres qui ont aussi un parcours de candidat réfugié.

«Quand il y a un ordre de quitter le territoire, c’est violent, confirme Nathalie Braun qui vit pareille situation aux Logis de Louvranges. Cela se fait très rapidement et la rupture est très dure avec l’école.»

Dominique Boucqueau, titulaire de la classe passerelle cette année, regrette d’ailleurs qu’aucune formation n’existe pour aider les enseignants à faire face à de telles situations émotionnellement et psychologiquement difficiles à gérer. «Il faudrait mettre cela en place, car cela risque malheureusement d’arriver de plus en plus souvent.»

«Cela m’aurait effectivement aidée…», acquiesce sa jeune collègue.

Nos dernières videos