BELGIQUE

Attentat déjoué dans un Thalys : le ministre de la Justice avance 4 points d’action pour lutter contre le trafic d’armes

Attentat déjoué dans un Thalys : le ministre de la Justice avance 4 points d’action pour lutter contre le trafic d’armes

Koen Geens avance quatre points d’action à la suite de l’attentat déjoué dans un Thalys. BELGA

Koen Geens (CD&V), le ministre de la Justice, demande notamment une meilleure collaboration au sein de l’Union européenne, mais aussi la remise sur pieds du comité de coordination interdépartemental de lutte contre les transferts d’armes illégaux.

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) a avancé ce lundi quatre points d’action afin de lutter contre le trafic d’armes en Belgique, après l’attentat déjoué vendredi dans un train Thalys. Il demande notamment une meilleure collaboration au sein de l’Union européenne, mais aussi la remise sur pieds du comité de coordination interdépartemental de lutte contre les transferts d’armes illégaux. Après l’attentat déjoué de vendredi, la Belgique est pointée comme plaque tournante du commerce illégal d’armes sur la scène internationale.

«Je ne crois pas que ces armes soient d’origine belge»

Geens souligne d’abord la nécessité d’une meilleure collaboration européenne. «Je ne crois pas que ces armes soient d’origine belge. Il s’agit plutôt d’un problème externe à la zone Schengen», explique le ministre de la Justice. Il demande ainsi un contrôle plus efficace des armes en dehors de la zone Schengen et une uniformisation de la législation sur la démilitarisation d’armement militaire, face au risque de voir ces armes disparaître dans des trafics, surtout en Europe de l’Est. Le ministre propose également un meilleur échange d’informations qui touchent au trafic d’armes via Europol.

«Je veux savoir si on n’en est pas resté aux bonnes intentions»

Le ministre de la Justice demandera également le 3 septembre prochain l’évaluation de la circulaire confidentielle des Procureurs généraux du 22 octobre 2012, qui avait été introduite à la suite de la fusillade de la Place Saint-Lambert à Liège. Cette circulaire définit les principes de base les plus importants de l’approche répressive du trafic d’armes par le parquet et les services de police, précise sa porte-parole. «Je veux savoir si on n’en est pas resté aux bonnes intentions», explique Geens.

Réactiver le comité de coordination interdépartemental

Koen Geens souhaite ensuite réactiver le comité de coordination interdépartemental de lutte contre les transferts d’armes illégaux, dont la création remonte à 1999. Le comité veille à l’amélioration de la coordination et de l’échange d’information en matière de lutte contre le trafic d’armes illégales. «Depuis 2003, ce comité n’a plus été mentionné. Un texte est en préparation pour le remettre en place», selon Geens. Le texte élaboré par l’administration judiciaire devra être consulté par toutes les parties impliquées et sera, en outre, transmis à la police fédérale pour avis. Le précédent gouvernement a planché sur la création du nouveau comité avant les élections de 2014, tenant compte de la réforme du parquet fédéral, mais le projet n’avait finalement pas abouti.

Le CD&V devrait introduire une proposition de loi permettant la mise en œuvre d’écoutes téléphoniques et de méthodes particulières de recherche en matière d’enquêtes relatives au trafic d’armes à feu. «Actuellement, ces méthodes peuvent être appliquées pour les affaires de terrorisme mais pas en rapport avec le trafic d’armes», conclut le ministre.

L’efficacité des mesures dépendra de leur «exécution fidèle», estime Geens. «J’ai foi en l’efficacité au niveau européen. Nous ne sommes néanmoins pas maîtres du jeu à ce niveau. J’espère que nous ne devrons pas faire face à d’autres actes terroristes avant que des outils ne soient mis en place pour les contrer.»