Revoir la sécurité dans les trains ?

Tous les pays d’Europe n’effectuent pas les mêmes contrôles dans les gares. BELGA

L’attaque déjouée d’un homme armé à bord d’un Thalys pose la question de la sécurité dans les gares et trains.

Quelques heures après cette attaque, le gouvernement belge a décidé de renforcer les mesures de sécurité dans les trains et les gares du pays: contrôle des bagages renforcé, intensification des patrouilles dans les Thalys et dans les gares.

De telles mesures sont en effet décidées par les gouvernements, et non par les compagnies ferroviaires. Le Premier ministre français, Manuel Valls, a ainsi annoncé que la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) allait «mettre en place un numéro national de signalement des situations anormales.»

«Je crois que la question d’étendre le système des aéroports aux gares, aujourd’hui, on ne peut pas dire que c’est réaliste», en raison du nombre trop important de voyageurs dans les gares, 20 fois plus que dans les aéroports, selon le président de la SNCF, Guillaume Pepy.

Quant à contrôler seulement quelques lignes à grande vitesse, ou internationales, cela nécessite d’être, «comme Eurostar, dans un domaine complètement fermé. Soit vous êtes exhaustif, soit votre efficacité est faible.»

En France, gendarmes et militaires arpentent les quelque 3 000 gares, arme à la main. C’est également le cas en Grande-Bretagne, où des membres de la British Transport Police (BTP) sont présents dans les grandes gares, souvent armés. Mais nos voisins d’Outre-Manche ne subissent pas non plus de contrôle des bagages avant d’embarquer à bord d’un train.

Même chose en Suisse, ou encore en Allemagne, où la police fédérale a conclu en 2000 avec la Deutsche Bahn un accord prévoyant des échanges d’informations et de vidéosurveillance, ainsi que des actions de prévention.

Les gares italiennes, connues pour leur désorganisation, soumettent les passagers, depuis le 1er mai et au départ de certaines grandes gares, à des contrôles de sécurité avant d’embarquer.

Seule l’Espagne, profondément marquée par les attentats du 11 mars 2004 à Madrid qui avaient fait 191 morts et près de 1 900 blessés dans quatre trains de banlieue, contrôle les bagages des passagers des trains longue distance.

Eurostar, filiale de la SNCF qui relie la Grande-Bretagne à la France, demande également à ses passagers d’arriver plus d’une demi-heure avant le départ du train, et leur fait passer un contrôle de sécurité comme à l’aéroport.

Mais cela est dû, d’une part, aux contrôles d’identité effectués pour entrer au Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, et aux mesures de sécurité nécessaires avant d’emprunter le tunnel sous la Manche.