BRUXELLES

Un commerce dans l’ancien porno? «L’ABC est encore un cinéma»

Un commerce dans l’ancien porno? «L’ABC est encore un cinéma»

L'ancien cinéma porno ABC, sur le boulevard Adolphe Max à Bruxelles, n'est pas encore sauvé. la fondation Cineact, qui lutte pour son sauvetage, redoute l'implantation d'un commerce. L'Avenir

Un commerce est annoncé dans l’ancien cinéma ABC. Voilà qui sonnerait le glas des espoirs de la fondation Cineact, qui lutte pour le sauvetage de l’ancien porno. Celle-ci espère que les dés ne sont pas pipés.

Un dossier a été introduit au début du mois de juillet pour changer l’affectation de l’ancien cinéma porno ABC en commerce, au boulevard Adolphe Max. L’échevin bruxellois de l’Urbanisme, Geoffroy Coomans de Brachène (MR), a confirmé l’information à La Capitale.

Mais la fondation Cineact, qui lutte depuis des mois pour rouvrir un cinéma dans les murs de l’ancien porno, prévient qu’elle ne l’entend pas de cette oreille. «Le cinéma est encore un cinéma», assène-t-elle, en s’étonnant de ce que la Ville considère comme acté un dossier qui doit encore parcourir son petit chemin administratif. On comprend que «Cineact ne manquera pas de faire valoir son point de vue, ainsi que celui de ses donateurs, sitôt que l’avis d’enquête publique sera publié».
 


«Pas d’exception»

«Il s’avère que la société Stephano Immo, propriétaire depuis peu de l’ancien cinéma ABC, a bien introduit une demande de permis d’urbanisme, et cela à la date du 15 juillet 2015», précise Cineact. «À l’heure actuelle le dossier en question reste incomplet et n’a donc toujours pas été avalisé par l’administration de l’urbanisme de la Ville de Bruxelles. De plus, s’agissant d’une demande de réaffectation dudit bâtiment, une enquête publique devra impérativement avoir lieu».

Et Cineact de s’avouer surprise de la «sortie» de Coomans dans la presse. «La fondation est fort étonnée d’apprendre que l’échevin à l’urbanisme, M. Coomans, confirme que l’ancien cinéma ABC deviendra un commerce. Le parcours bureaucratique pour obtenir un permis d’urbanisme devant être le même pour tout le monde, nous espérons évidemment qu’il n’y aura pas d’exception pour la société Stephano Immo. Sans quoi nous nous demanderions bien pourquoi...»

1200 signatures

Cineact rappelle aussi que les donateurs qui ont versé leur participation lors de la récolte de fonds lancée par la fondation pour le sauvetage de l’ABC peuvent, s’ils en ont fait la demande avant fin janvier, récupérer leur mise. Clause que la grande majorité des donateurs n’a pas activée. «Seule une dizaine de donateurs, sur 600, ont demandé à être remboursés. Parmi ces derniers, nous comptons M. Dykman, gérant de la société Stephano Immo qui, étonnamment, avait lui aussi fait un don à la fondation Cineact», précise cette dernière.

Cineact assure aussi qu’il n’a jamais été question que l’entièreté de la somme récoltée soit affectée à la couverture des frais d’avocats et de procédure. La fondation souligne enfin que lors de la remise de sa pétition « signée par plus de 1200 personnes », le Conseil communal de la Ville de Bruxelles «a très ouvertement et publiquement marqué son soutien au projet».

Une procédure en appel contre les héritiers de l’ancien propriétaire, «qui n’ont pas voulu respecter l’accord engagé pour la reprise de l’ABC», est toujours en cours. La date de la première audience devant le juge d’appel n’a toujours pas été fixée.