LOGEMENT

Encadrement des loyers : « il faut mettre fin aux marchands de sommeil qui prospèrent sur la misère »

Encadrement des loyers : « il faut mettre fin aux marchands de sommeil qui prospèrent sur la misère »

En moyenne, les bruxellois consacrent 30% de leurs ressources aux frais liés au logement Google images

A l’instar des mesures prisent par la ville de Paris, certains socialistes bruxellois aimeraient que Bruxelles mette en place un système d’encadrement des loyers.

 

Après Berlin et Stockolm, la ville de Paris a décidé, depuis le 1er aout, d’encadrer le prix des loyers privés, une mesure qui pourrait profiter à 1 locataire parisien sur 5 qui économiseront entre 50 et 100 euros. Grace à cette politique, la capitale française entend frainer l’augmentation des tarifs locatifs, mais aussi faire baisser les plus excessifs. Concretement lors de la signature d’un bail, le propriétaire ne pourra exiger un montant excédant de 20% celui imposé par l’Observatoire des loyers. Une exception touchera néanmoins les appartements disposant d’équipements « exceptionnels » comme une terrasse ou une vue intéressante.

La Belgique est à la train

Pour le député socialiste et échevin bruxellois Mohamed Ouriaghli, il est grand temps que la Belgique emboite le pas de ses voisins. Il considère que la dérive des prix de l’immobilier a dégradé le pouvoir d’achat des ménages bruxellois, ceux-ci étant victimes d’un effet ciseau : les revenus stagnent alors que les loyers flambent. « On sait que les Bruxellois consacrent en moyenne 30% de leurs ressources aux frais liés au logement et qu’on assiste à Bruxelles à un accroissement constant de la part du revenu des ménages consacré au paiement de leur loyer » explique le député.

Un système de « grilles de loyers »

Mohamed Ourighali entend faire pression sur le gouvernement pour que celui-ci agisse en tant que pouvoir régulateur, le droit à un logement décent étant un objectif du Code du logement bruxellois : « cela pourrait par exemple se concrétiser par la création d’un mécanisme d’encadrement des loyers par quartier, à charge pour l’observatoire de l’Habitat de la Région Bruxelloise de fixer des loyers de référence. De fait, nous mettrions fin aux marchands de sommeil qui prospèrent sur la misère de ceux qui n’ont pas d’autres choix, en profitant de la dégradation des conditions d’accès au logement et en extorquant des loyers indécents ». L’échevin prône l’adoption rapide d’un système de « grilles de loyers » qui prendraient en compte 3 paramètres : la capacité contributive des ménages, la localisation et l’état du bien loué.

L’encadrement des loyers n’est pas à l’ordre du jour

Au cabinet de la ministre du Logement, Céline Fremault (CDH), on reste prudent. Pour l’instant, la réflexion est en cours et le cabinet attend les conclusions de l’expérience pilote menée cette année auprès de ménages bruxellois. D’ici 2016, une nouvelle réglementation verra peut-être le jour, mais à l’instar du Syndicat national des propriétaires, la ministre penche plus vers la création d’une allocation-loyer encadrée, visant à diminuer l’impact du prix du logement sur les budgets des ménages, que sur l’adoption pur et dur d’un système d’encadrement des loyers.