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Le monocycle électrique pour une nouvelle mobilité?

Le monocycle électrique pour une nouvelle mobilité?

Pour rouler en monocycle électrique, il faut écarter les bras et se pencher vers l’avant, comme en ski. Bastian Craninx

Discret, écologique et ultra-pratique, le monocycle électrique est visible en Belgique depuis un peu moins de 3 ans. Focus sur ce mode de déplacement addictif.

Peut-être vous êtes-vous déjà retourné en rue sur l’un de ces drôles d’engins? Et pour cause, voir déambuler un illustre inconnu à plus de 18 km/h sur une «simple roue» ne laisse pas indifférent. Pas de pédalier, pas de selle, pas de commande, la machine 100% électrique est coincée entre les chevilles de son conducteur et ne bouge pas d’un poil. À la vue du numéro d’équilibriste, les mêmes questions brûlent les lèvres des passants ahuris: comment ça marche?

«C’est un peu comme la conduite en ski. Il faut écarter les bras, se pencher vers l’avant et ensuite chercher l’équilibre d’un pied à l’autre pour se diriger. Tout est dans la conduite du corps», explique Jean-Louis Ropers représentant commercial pour la marque Ninebot Belgium.

Présenté comme un monocycle électrique, l’appareil est en fait le petit-cousin du Segway. Toutefois, si les deux machines se basent sur le même système de stabilisation gyroscopique, elles diffèrent sur tous les autres points. Et le premier reste bien évidemment la prise en main.

«Si 15 minutes sont nécessaires pour maîtriser le Segway classique – composé de deux roues, d’un plateau et d’un manche de maintien – on passera parfois plus d’une heure à se faire au monocycle», avoue Bruno Bovy, détenteur de l’appareil à une roue depuis plus de 2 ans.

Mais d’un point de vue ludique, le monocycle remporterait la palme. Avec plus de 2000 km à son compteur, ce n’est pas Bruno qui nous contredira.

«Le Segway est très cher (9 000€ contre moins de 2000€ pour un bon monocycle) et beaucoup plus encombrant (45 kg contre 14 kg).»

Devenu addict, le jeune Bruxellois ne se déplace jamais sans son monocycle, combinant ce mode de déplacement avec la voiture, le tram ou le train. Et avec une autonomie de 25 à 30 km, il est certain de voir du pays.

Le bémol: le vide juridique

En moins de 3 ans, l’appareil aurait séduit une petite minorité de 500 Belges. Un chiffre limité qui trouve certainement son origine dans le manque de disponibilité du produit en Belgique (uniquement achetable via internet).

Mais à la longue, c’est un plus gros problème qui pourrait se poser. Celui du vide juridique entourant ce mode de transport. Jean-Louis Ropers en a déjà fait les frais, écopant d’une amende alors qu’il circulait sur la digue de Knokke pendant les vacances.

«La loi belge ne mentionne nulle part la possibilité de circuler sur un véhicule lent à une roue, explique-t-il. Tout a été écrit en fonction des véhicules à deux roues.»

À l’heure actuelle, certaines villes, comme Bruxelles, tolèrent ce mode de déplacement à condition de rouler sur les routes. Mais selon les premiers intéressés, il devient urgent que la société s’adapte à ce genre d’initiatives 100% écologiques et très peu envahissantes.

«Il est certain que dans quelques années, la plupart des gens disposeront d’un monocycle dans leur voiture. Il faut donc prendre les devants.»

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