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Au Gaume Jazz, le grand écart d’Emmanuel Baily

Au Gaume Jazz, le grand écart d’Emmanuel Baily

Emmanuel Baily proposera son prochain album en primeur aux visiteurs du Gaume Jazz festival.

Esperanzah! vient de fermer ses portes. Le Gaume Jazz, festival lui aussi très typé, va les ouvrir dès vendredi. Parmi les invités, Emmanuel Baily, un Belge sacrément anticonformiste. Au firmament, Stacey Kent et Yeahwon Shin. Portrait et affiche…

En 30 ans d’existence, le Gaume Jazz a confirmé son rôle de moteur de la création musicale pour de nombreux artistes belges: 52 cartes blanches dont plus de 40 ont eu une suite discographique! Cette année, le guitariste Emmanuel Baily y présentera son premier projet personnel.

Issu du Conservatoire de Liège, Emmanuel y obtient son premier prix de guitare classique: «J’ai aussi la chance d’y étudier la musique de chambre avec des personnalités comme Fabian Fiorini, Jean-Pierre Peuvion ou Georges-Elie Octors.»

Le guitariste fait aussi partie de la dernière cuvée d’étudiants de la classe d’improvisation de Garrett List, une étape importante de son parcours: «J’y ai acquis une philosophie de la musique; comment être connecté à son instrument en se détachant des acquis, comment être authentique dans l’improvisation en évitant les clichés? Ce fut une formation humaine autant que musicale.»

Son premier groupe, le Wang Wei Quartet l’amène à collaborer avec le chanteur André Borbé avec qui il prépare un nouvel album: «André écrit les textes et moi la musique, l’idée étant de créer un parallèle entre le vécu réel des animaux et les migrations humaines, un sujet particulièrement d’actualité.»

Membre de Orchestra Vivo!, le grand ensemble de Garrett List, Emmanuel Baily participe aussi à un des groupes les plus en vue du moment, Kind of Pink: «C’est un projet de Philippe Laloy dans lequel nous reprenons des compositions de Pink Floyd, de façon purement acoustique et sans jeux de lumière etc. Un peu l’antithèse du groupe d’origine. Le trio connaît un gros succès, nous tournons beaucoup en Belgique, en France et ailleurs.»

La genèse de la carte blanche qu’il présentera en Gaume, c’est à la Fondation Royaumont en France qu’il faut la chercher: «Fabrizio Cassol y était compositeur en résidence pour une commande en collaboration avec Bernard Foccroulle et le Festival d’Aix-en-Provence. J’y ai rencontré de grands musiciens et notamment le oudiste Khaled Aljaramani et le cornettiste Lambert Colson.»

Un hommage à Led Zeppelin et… Bach!

Avec cette nouvelle formation, Emmanuel Baily veut rendre hommage à tous les musiciens qui l’ont fasciné: «Led Zeppelin et en particulier Jimmy Page, et surtout Jean-Sébastien Bach, le plus exceptionnel des musiciens parmi les plus exceptionnels. Mais il y a aussi Pat Metheny.»

L’album qui s’ouvre sur un aria des Variations Goldberg de Bach se clôture avec deux pièces en solo de Pat Metheny et Jimmy Page, un grand écart stylistique qui loin de choquer, sert la cohérence d’un album mélodique, éthéré et plein d’originalité.

Les pièces centrales rassemblent les influences multiples du guitariste: l’Afrique, le Maghreb, une bossa très contemporaine et un standard du jazz, autant de musiques cousines qui confirment l’anticonformisme du musicien.

Si la sortie officielle de l’album est prévue pour l’automne, le public du Gaume Jazz pourra se le procurer en avant-première lors du festival.